La Diaspora malienne demande le report des élections législatives pour lui permettre d'y participer

Bamako, Mali (PANA) - Le Conseil supérieur de la Diaspora malienne (CSDM) a demandé au gouvernement malien le report des élections législatives et a menacé d'user de toute son influence afin d'obtenir ce report pur et simple du scrutin pour que les Maliens de l'extérieur se préparent à y participer, a annoncé vendredi à la presse malienne, son président, Mohamed Chérif Haidara.

"Le Mali est une des premières démocraties en Afrique qui, à travers la conférence nationale, avait décidé de la représentation de sa Diaspora à l’Assemblée nationale. Il a été devancé cependant dans la pratique par des pays comme l’Algérie, le Cap-Vert, le Sénégal, le Maroc et la Tunisie”, a rappelé M. Haidara, qui a exprimé toute sa tristesse et son amertume de constater que ce chronogramme ne prend pas en compte l’une de ses préoccupations phares depuis l’avènement de la démocratie, à savoir la représentation des Maliens établis à l’extérieur dans les Institutions de la République, en l’occurrence l’Assemblée nationale.

"A l’avènement de la démocratie au Mali en 1991, les inspirateurs de la Constitution malienne de février 1992 avaient prévu l’élection des députés des Maliens établis à l’extérieur. Leur proposition portait sur 10 pc de l’effectif des députés. Depuis, cette attente forte de la Diaspora a été renvoyée et mise en berne", ont déploré les représentants de la Diaspora malienne qui revendique 4 millions de Maliens vivant hors de leur pays, avec une contribution au développement économique et sociale estimée à 14,5 pc du Produit intérieur brut (PIB) national.

Ils ont affirmé que les Maliens vivant à l’étranger, de par leurs expériences acquises en matière politique, peuvent être un facteur de consolidation de la démocratie dans leur pays d’origine.

Les responsables de la Diaspora malienne regrettent qu’il soit envisagé l’élection législative prochaine sans prendre en compte plus de quatre millions de Maliens établis à l’extérieur.

"Devons-nous considérer les Maliens établis à l’extérieur comme des Maliens de seconde zone? Sinon, comment pouvons-nous admettre que depuis l’avènement de la démocratie en 1991, cette question ne connaisse toujours pas un début de réalisation ?”, s’est interrogé M. Haidara

On rappelle que le gouvernement malien, lors du conseil de ministres du 28 août dernier, a procédé à la convocation du collège électoral des législatives le 28 octobre pour le premier tour et le 18 novembre 2018 pour le second tour sur toute l’étendue du territoire national.
-0- PANA GT/JSG/SOC 8sept2018


08 septembre 2018 12:41:39




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