La Commission des droits de l'homme exhorte les gouvernements au respect des populations

Addis-Abeba, Éthiopie (PANA) – Un nationalisme étroit, l'isolationnisme et la montée rapide de la xénophobie sapent dangereusement la capacité des États à répondre de manière effective aux difficultés qui les assaillent, a déclaré mardi, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme, Zeid Ra’ad Al Hussein.

Dans son discours lors du dialogue de haut niveau organisé au siège de l'Union africaine, le Haut Commissaire Zeid a qualifié celui-ci “d'opportunité potentiellement porteur de transformations pour les populations de ce continent”.

“Beaucoup d'entre nous sont aujourd'hui perturbés par les problèmes croissants au niveau mondial en matière d'institutions multilatérales et de droit international”, a-t-il déclaré, soulignant que le respect des droits des populations est l'ambition du gouvernement.

“Tout gouvernement qui ne respecte, ni ne promeut les droits de l'homme ne remplit pas ses obligations envers son peuple et réduit sa propre efficacité”, a souligné Zeid, qui affirme que les droits de l'homme ne sont pas une préoccupation secondaire ou de second degré que les pays peuvent commencer à construire après que le développement soit bien en cours.

il a poursuivi que les droits de l'homme ''ne sont pas un projet à construire après que la paix soit instaurée. Les droits sont le moteur du développement, les droits de l'homme sont des éléments constructifs de la paix”.

A propos du travail du Bureau des droits de l'homme basé à Genève, Zeid a expliqué que son personnel surveille la situation des droits de l'homme à travers le monde. “Nous savons que les problèmes que nous observons dans certains pays africains sont communs à plusieurs autres régions du monde".

“Nous tentons d'être impartiaux dans nos critiques et recommandations, et je suis convaincu que nous avons mieux réussi que plusieurs agences internationales, y compris celles des Nations Unies. Nous pouvons critiquer les restrictions sur la société civile en république démocratique du Congo ou en Tanzanie, mais nous en faisons de même pour le Cambodge, le Venezuela, la Hongrie, la France et les États-Unis”.

Zeid a indiqué que son bureau n'a nullement l'intention ou la capacité d'affaiblir les États. “Au contraire, nous proposons où que nous nous trouvons, une assistance aux États pour leur permettre de renforcer leur capacité à respecter les droits de l'homme – parce que ces droits sont la force motrice qui va impulser le développement, la justice sociale, la participation, l'inclusion et la paix”.

Soulignant que l'Union africaine est une force puissante et que les experts en droits de l'homme à la Commission des droits de l'homme sont ses alliés naturels, il a exhorté les participants au dialogue à aider les experts en droits et les militants des droits de l'homme à défendre les droits de tous les hommes et femmes – non seulement sur le continent africain, mais aussi à travers le monde.

“Des millions d’afro-descendants sont confrontés au quotidien à l'humiliation et à l'oppression du fait du racisme. Nous combattons le racisme, peu importe son défenseur– qu'il soit le président américain Trump, le Premier ministre, Viktor Orban de la Hongrie, ou un autre. Rejoignez-nous – soutenez nous dans cet effort visant à bâtir une communauté internationale plus équitable”, a déclaré le Commissaire Zeid.

“Nous – et les droits de l'homme que nous défendons – disposons d'une puissante capacité à rendre les États plus forts. Plus forts parce qu'ils seront plus équitables. Plus riches et avec un développement plus durable, parce qu'ils pourront compter sur la pleine expression des compétences, des talents, des idées– et des idées critiques – de leurs peuples. Plus pacifiques parce que leurs peuples ne sont pas déchirés par des revendications malveillantes, des inégalités criardes et l'injustice”.
-0- PANA AR/ASA/IS/SOC 24avr2018

24 avril 2018 19:23:53




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