La CPI demande au Conseil de sécurité de l'ONU de mettre fin à l'impunité au Darfour

New York, Etats-Unis (PANA) - Le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Mme Fatou Bensouda, a insisté sur la nécessité pour le Conseil de sécurité de l'ONU de prendre des mesures contre les responsables des crimes de guerre dans la région du Darfour, au Soudan, face à l'aggravation de la situation des victimes.

"Nous avons joué notre rôle et c'est au Conseil d'être à la hauteur des attentes légitimes des victimes du Darfour, à savoir que les individus responsables de leurs souffrances quotidiennes soient traduits en justice", a déclaré mercredi Mme Bensouda devant les 15 membres du Conseil, au siège de l'organisation internationale à New York.

"Ces individus sont un petit nombre parmi une population de plusieurs millions d'âmes qui continue à endurer au quotidien des souffrances indicibles" a-t-elle dénoncé, implorant les membres du Conseil "à agir avec courage et détermination en adoptant des mesures appropriées durant son mandat afin que les fugitifs du Soudan soient traduits en justice le plus tôt possible".

Mme Bensouda s'est dit profondément préoccupée par l'aggravation de la situation dans la région, alors que 300.000 personnes ont été déplacées rien que durant les cinq premiers mois de l'année, ce qui dépasse le nombre de personnes déplacées ces deux dernières années.

"D'après certaines informations, Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman, alias Ali Kushayb, Ahmad Harun et Abdel Raheem Hussein - tous des officiels du gouvernement soudanais - ont été impliqués cette année dans des crimes contre des civils.

"M. Kushayb a dirigé en avril une attaque contre la ville d'Aby Jeradil, qui a fait plus de 100 morts civils et causé le déplacement de 30.000 personnes au Tchad", a indiqué le Procureur de la CPI.

"Les observateurs estiment que le gouvernement du Soudan voulait calmer les tribus Misseriya et Ta'isha qui étaient membres de la milice Janjaweed en les aidant à confisquer la région de Salamat, considérée par certains comme appartenant au Tchad et poussant de force les populations au déplacement", a-t-elle poursuivi.

Selon le Procureur, ces crimes supposés préoccupent la communauté internationale et exigent une action urgente et concertée.

Pour Mme Bensouda, "c'est une fois de plus une question de responsabilité pénale individuelle potentielle et non la responsabilité d'un groupe ou d'une organisation".

Elle a également dénoncé l'utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre, les obstacles à la fourniture de l'aide humanitaire et l'impunité en cours, au grand désespoir de la population.

Selon elle, il est nécessaire de travailler avec des acteurs régionaux comme la Ligue des Etats arabes et l'Union africaine (UA) pour régler cette situation.

Elle a demandé à l'UA de mettre en oeuvre les recommandations de son Panel de haut niveau sur le Darfour.

Bien que le Soudan ne soit pas un Etat-partie au Statut de Rome qui a créé la CPI, il est obligé de coopérer et d'apporter toute l'assistance nécessaire à la Cour et à son Procureur, conformément à la Résolution du Conseil de sécurité de l'ONU adoptée en 2005.

On rappelle qu'en 2005, le Conseil de sécurité avait demandé à la Cour basée à La Haye de faire des investigations sur les crimes de guerre au Darfour, après qu'une enquête de l'ONU a trouvé des violations graves des droits de l'Homme.

En mars 2009, les juges de la CPI avaient lancé des mandats d'arrêt contre de hauts responsables soudanais, dont le président Omar el-Béchir, pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis au Darfour.

M. el-Béchir, ainsi que ses co-accusés, n'ont pas encore été arrêtés.
-0- PANA AA/SEG/NFB/JSG/IBA  06juin2013

06 juin 2013 11:09:35




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