La CEDEAO prête à lutter contre le trafic des enfants

Lusaka- Zambie (PANA) -- La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) va s'impliquer davantage dans la lutte contre le trafic des enfants, a indiqué jeudi à la PANA M.
Lansana Kouyaté, secrétaire exécutif de l'organisation régionale ouest-africaine basée à Abuja (Nigeria).
Dans un entretien exclusif accordé à l'un des envoyés spéciaux de la PANA à Lusaka (Zambie), en marge de la 37-ème session du conseil des ministres de l'OUA, qui s'est ouverte jeudi, M.
Kouyaté a révélé que les sept membres de la Cour de justice de la CEDEAO se retrouveront prochainement dans la capitale administrative et politique nigériane.
Les fonctionnaires de cette Cour vont réfléchir sur les voies et moyens juridiques les plus appropriés pour combattre un phénomène qui défraie la chronique depuis quelque temps dans toute la région ouest-africaine, notamment dans l'espace Côte d'Ivoire-Mali-Burkina Faso et Guinée.
"Le trafic des enfants est une honte pour la région et pour toute l'Afrique.
Nous devons y mettre un terme", a indiqué le secrétaire exécutif de la CEDEAO qui s'est félicité de la saisine de la Cour de justice qui a déjà tenu une première réunion sur la question il y a quelques jours à Abuja, son siège provisoire.
Depuis la publication d'un rapport de l'UNICEF sur le trafic d'enfants maliens vers la Côte d'Ivoire où ils seraient environ 15.
000 à travailler dans les plantations, notamment cacaoyères, le phénomène fait l'objet d'un véritable battage médiatique, surtout en Europe où des chaînes de télévision britannique et allemande diffusent des documentaires dénonçant "l'esclavage des enfants dans les plantations".
Le gouvernement ivoirien, qui se trouve dans la situation inconfortable de l'accusé, a déclenché une véritable contre- offensive médiatique avec, à la clef, une tournée régionale de "sensibilisation" du Premier ministre Pascal Affi N'Guessan au Mali, au Burkina Faso et en Guinée, pays de provenance, selon les autorités ivoiriennes, des victimes et des bénéficiaires de ce trafic qui les utiliseraient dans leurs propres exploitations agricoles en territoire ivoirien.
Outre la Côte d'Ivoire, le Mali, le Burkina Faso et la Guinée qui sont impliqués à divers titres dans le "trafic des enfants", le Bénin est également régulièrement cité comme "exportateur des enfants" au Gabon.

05 juillet 2001 16:09:00




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