La CEDEAO en quête d'une stratégie régionale pour éliminer le paludisme d'ici 2015

Abuja, Nigeria (PANA) - Les participants à la réunion de trois jours sur la campagne d'élimination du paludisme, à Accra, au Ghana, ont demandé aux pays membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest de développer avec la Commission conjointe de la CEDEAO une stratégie régionale pour l'élimination du paludisme dans la région ouest-africaine d'ici à l'horizon 2015.

Ils ont fait savoir que l'état d'avancement de la mise en oeuvre de la stratégie, qui doit être accompagnée d'une stratégie globale auprès des médias et de mécanismes de financement, serait soumis à des évaluations annuelles.

Les statistiques officielles montrent qu'un enfant décède du paludisme toutes les 30 secondes en Afrique, ce qui représente 86 pour cent, soit 212 millions des 247 millions de cas de paludisme recensés dans le monde.

D'après l'OMS, 12 des 30 pays hautement endémiques du paludisme se trouvent en Afrique de l'Ouest, où la maladie provoquée par le moustique est la principale cause de morbidité et de mortalité chez les enfants et les femmes enceintes.

A l'ouverture de la réunion le 27 juillet, le président de la Commission de la CEDEAO, James Victor Gbeho, a regretté le fait que le paludisme tuait plus de gens qu'aucune guerre en Afrique.

Il a par conséquent appelé les peuples et gouvernements africains à déclarer la guerre à la maladie et à son vecteur, le moustique.

"Nous sommes en guerre avec le moustique et devons prendre des mesures pour gagner cette guerre", a-t-il dit.

La réunion a demandé aux Etats membres de la CEDEAO d'harmoniser leurs efforts régionaux en vue de développer des capacités pour la production de médicaments antipaludéens et de larvicides biologiques pour assurer une rentabilité et un usage efficient des ressources disponibles et attendues pour juguler la maladie.

Ils doivent aussi renforcer leurs systèmes de santé, réaffirmer les valeurs et principes de soins de santé primaires et améliorer les politiques publiques pour encourager un accès total à la santé.

La réunion a aussi décidé que les capacités régionales doivent être exploitées pour collecter et compiler les preuves scientifiques sur les stratégies efficaces et créer la plate-forme nécessaire pour le partage des expériences et la surveillance de la collaboration transfrontalière par rapport à la mise en oeuvre de telles stratégies.

Elle a exhorté la Commission de la CEDEAO à poursuivre une coopération étroite avec l'ONU, les organisations et partenaires internationaux impliqués dans la lutte et l'élimination du paludisme, en mettant un accent sur la mobilisation réelle des ressources et éviter un double effort et une fragmentation de l'aide.

Dans le cadre de ses initiatives régionales, la Commission a signé deux accords de partenariat avec Cuba et le Vénézuela pour la production de larvicides biologiques en Afrique de l'Ouest.

Les participants à la réunion ont effectué une visite de terrain pour étudier l'expérience du Ghana sur l'usage des larvicides biologiques de Labiofam/Cuba mais aussi l'expérience de l'Etat de River, dans le Sud du Nigeria, qui a adopté la stratégie de contrôle du vecteur du paludisme.

L'issue de la réunion contribuera à la préparation de la réunion extraordinaire des ministres de la Santé sur l'élimination du paludisme dans l'espace CEDEAO d'ici à 2015, comme demandé par l'Assemblée des ministres de la Santé qui s'est tenue récemment à Lomé, au Togo.

La réunion d'Accra, organisée par la Commission de la CEDEAO, a vu la participation de représentants de l'OMS, l'Organisation ouest-africaine de la santé (WAHO), du Réseau africain sur la résistance des vecteurs (ANVR), de la Banque de la CEDEAO pour l'investissement et le développement (EBID) et du National Institute for Pharmaceutical Research and Development (NIPRD) du Nigeria.
-0- PANA SEG/NFB/JSG/IBA  29juil2011

29 Julho 2011 12:39:54




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