La CEDEAO condamne le discours contre les citoyens ouest-africains en Côte d'Ivoire

Abuja, Nigeria (PANA) - La Commission de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest a condamné le "discours incendiaire" à l'encontre des citoyens des Etats membres de la CEDEAO en Côte d'Ivoire, qui est empêtrée dans une crise post-électorale qui a coûté la vie à plus de 400 personnes et contraint des centaines de milliers d'autres à fuir vers les pays voisins.

Cette condamnation est contenue dans une lettre adressée au président ivoirien sortant Laurent Gbagbo par le président de la Commission, James Victor Gbeho.  

Il a rappelé à M. Gbagbo, qui est aussi le leader du Front populaire ivoirien (FPI), sa responsabilité personnelle à assurer la sécurité des civils vivant dans les zones sous son contrôle, quel que soit leur Etat d'origine.

M. Gbeho faisait référence au récent "discours de propagande" de M. Blé Goudé, le ministre de la Jeunesse et leader des "Jeunes Patriotes", incitant ses partisans à prendre les armes contre les citoyens des autres pays membres de la CEDEAO et accusant certains Etats de fournir des mercenaires à l'opposition dans la crise ivoirienne.

"La Commission de la CEDEAO désapprouve fortement ce discours de haine au vitriol et prend au sérieux les appels à l'agression contre les citoyens innocents des autres pays vivant en Côte d'Ivoire", écrit le président de la Commission dans une lettre de deux pages dans laquelle il rappelle aussi au président sortant sa responsabilité à garantir la paix et la sécurité dans les zones sous son contrôle.

Il affirme aussi que: "cet acte inacceptable" survient au lendemain d'autres actes graves de violence qui ont fait de nombreuses victimes et l'exhorte à "dissuader personnellement son ministre et ses autres partisans de commettre d'autres actes de provocation et de la tentation de prendre délibérément pour cible la population ivoirienne, y compris des Ivoiriens, des citoyens de la CEDEAO et d'autres étrangers vivant dans le pays.  

Le président de la Commission de la CEDEAO a ensuite informé M. Gbagbo que la CEDEAO et l'Union africaine espéraient prendre des mesures urgentes très bientôt pour commencer à mettre en oeuvre la décision du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine lors de sa réunion du 10 mars 2011 à Addis-Abeba, en Ethiopie, concernant la situation en Côte d'Ivoire.

Il a par la suite lancé un "fervent appel" au président sortant et à toutes les parties ivoiriennes pour qu'ils demandent à leurs partisans de faire preuve d'un maximum de retenue et de s'abstenir de tout acte risquant d'aggraver davantage la sécurité précaire dans le pays.

"A cet égard, je voudrais rappeler à tous les concernés leur responsabilité individuelle et collective pour les crimes commis contre des civils non armés", a-t-il conclu.
-0- PANA SEG/NFB/JSG/IBA 24mar2011

24 mars 2011 12:58:09




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