La CEDEAO condamne la mutinerie en Côte d'Ivoire

  Lagos- Nigeria (PANA) -- La Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a condamné vendredi la mutinerie de soldats démobilisés en Côte d'Ivoire, que les autorités du pays ont qualifié de coup d'état militaire manqué.
"Le Secrétaire Exécutif de la CEDEAO Mohammed Ibn Chambas condamne dans sa totalité les activités violentes en Côte d'Ivoire de soldats qui s'opposeraient à leur démobilisation", a déclaré la CEDEAO dans un communiqué rendu public à Abuja.
"Cette conduite inconstitutionnelle de la part de soldats indisciplinés n'est pas utile à la Côte d'Ivoire qui était en train de rétablir sa réputation en tant que bastion de paix et de stabilité dans la sous-région", a indiqué le communiqué.
L'ancien dirigeant militaire ivoirien Robert Guei et le ministre de l'Intérieur Emile Boga Doudou font partie de ceux qui ont été tués lors de ce putsch avorté.
"Nous sommes peinés par les pertes de vies qui auraient pu être évitées au cours de ce putsch", a indiqué la CEDEAO.
"Des doléances, quelle que soit leur légitimité, ne peuvent justifier le recours à la violence, mais devraient plutôt être exprimées par la voie d'un processus adéquat.
"La Côte d'Ivoire ne peut se permettre des actes de violence aussi gratuits qui pourraient plonger le pays dans une spirale de destruction des activités politiques et économiques", a ajouté le communiqué.
Dans une apparente allusion à l'affirmation du gouvernement sur le fait que l'action des soldats rebelles équivalait à une tentative de coup d'Etat militaire, le groupe sous-régional a réaffirmé l'inviolabilité des dispositions du Protocole de la CEDEAO sur la Bonne Gouvernance, dans le cadre duquel les Etats membres se sont engagés à faire preuve d'un "degré de tolérance pour le pouvoir obtenu ou conservé par des moyens inconstitutionnels".
La CEDEAO s'est déclarée particulièrement préoccupée par le fait que ce soulèvement militaire se soit produit peu de temps après la mutinerie de certains soldats au Niger.
"Ces évènements sont préoccupants du fait qu'ils compromettent les efforts déployés pour instaurer une culture démocratique dans la sous-région ouest africaine", indique le communiqué.
La CEDEAO réaffirme à l'occasion, son "engagement envers la transition vers la démocratie, le respect des droits humains, le respect de l'Etat de droit et la bonne gouvernance dans ses Etats membres".
Elle a invité tous les membres des forces armés de la sous- région à rester loyaux et fidèles pour défendre les Constitutions, l'indépendance et l'intégrité territoriale des Etats membres.

20 septembre 2002 15:58:00




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