La CEDEAO appelle au démantèlement des barrages routiers

Lusaka- Zambie (PANA) -- La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) va intensifier ses efforts en vue de lever tous les barrages routiers qui constituent une sérieuse entrave à la libre-circulation des biens et des personnes dans l'espace communautaire, a annoncé son secrétaire exécutif M.
Lansana Kouyaté.
Dans un entretien exclusif accordé à Lusaka (Zambie) à l'un des envoyés spéciaux de la PANA, en marge de la 37-ème session du conseil des ministres ouverte jeudi, M.
Kouyaté a dit que les responsables de la sécurité des 15 pays membres se réuniront prochainement pour statuer sur la question des barrages érigés, souvent de façon intempestive, par les forces de sécurité sur la plupart des routes internationales reliant les différents Etats qui forment l'espace communautaire.
Le secrétaire exécutif de l'organisation régionale ouest- africaine, qui a dénoncé "la véritable extorsion de fonds" à laquelle se livrent certains agents des forces de l'ordre dans un certain nombre de pays, a indiqué que la libre-circulation des personnes constituait, à ses yeux, une des priorités de ses services.
Il a ainsi révélé que, grâce à l'action entreprise par ceux- ci qui tiennent régulièrement des statistiques sur un phénomène unanimememt décrié dans toute la région, aussi bien par les opérateurs économiques que par les populations, 30 des 32 barrages routiers sur l'axe Lagos-Sémé (frontière béninoise) ont été levés il y a quelques mois.
M.
Kouyaté a dit que le Bénin et le Nigeria s'étaient enfin décidés à regrouper leurs différents services de contrôle frontalier dans un édifice construit à cet effet depuis plusieurs années et qui n'attendait que ses occupants.
Le phénomène des barrages routiers, dressés le plus souvent par les services de police sur les routes internationales, souvent en violation flagrante des dispositions prises par les autorités, est une pratique courante en Côte d'Ivoire où il est régulièrement dénoncé par les opérateurs économiques, la presse et les ressortissants des autres Etats membres de la CEDEAO séjournant en territoire ivoirien qui font l'objet d'un véritable racket.
Cette situation, qui a conduit beaucoup d'opérateurs économiques de la sous-région, notamment maliens, burkinabé et nigériens à se détourner du Port Autonome d'Abidjan au profit des ports de Dakar (Sénégal), Lomé (Togo) et Téma (Ghana) est un sujet de préoccupation pour le gouvernement ivoirien.
Lors d'une récente tournée sous-régionale, au Mali et au Burkina Faso, le Premier ministre ivoirien, Pascal Affi N'Guessan, a donné des assurances aux hommes d'affaires de ces deux pays sur les mesures mises en oeuvre par son équipe pour assurer la fluidité de la circulation entre Abidjan et ses voisins.
L'accord sur la libre-circulation des biens et des personnes est un des piliers essentiels de la CEDEAO, créée en 1975.
En dépit de la suppression du visa d'entrée que M.
Kouyaté considère comme "un symbole fort" de l'intégration régionale, le déplacement des populations d'un Etat à un autre fait encore l'objet de "restrictions informelles".

05 juillet 2001 16:28:00




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