La BM exhorte les pays africains à réduire fortement les nouvelles infections au SIDA

Dakar, Sénégal (PANA) – La Banque mondiale (BM) exhorte les pays africains à réduire fortement le nombre des nouvelles infections au VIH/SIDA pour pouvoir maintenir les programmes de traitement destinés aux malades, dans un rapport transmis vendredi à la PANA.

"Si on ne parvient pas à réduire très fortement le nombre de nouvelles infections, les pays risquent, dans les années qui viennent, de ne pas être en mesure de maintenir les programmes de traitement destinés aux malades du VIH/SIDA", estime la Banque mondiale.

Faisant remarquer le ralentissement de la croissance économique mondiale ajouté à des perspectives incertaines, le rapport demande aux gouvernements africains et aux bailleurs d’aide au développement à intensifier considérablement leurs efforts de prévention du VIH.

"Après plusieurs décennies d’expansion, l’épidémie, qui a tué 30 millions de personnes et en a contaminé plus de 60 millions d’autres, marque aujourd’hui le pas, avec une stabilisation des taux de prévalence dans le monde et en Afrique en particulier", se réjouit le rapport.

"Globalement, plus de six millions de personnes bénéficient actuellement de traitements qui leur permettent de survivre au SIDA, tandis que les financements mondiaux pour la lutte contre l’épidémie sont passés de 260 millions de dollars en 1996 à 15,9 milliards de dollars en 2009", indique le rapport.

Mais, les coûts des thérapies grimpent aujourd’hui en flèche et viennent grever encore davantage des finances publiques déjà mal en point, en particulier là où l’épidémie est la plus importante, à savoir en Afrique australe, avertit la Banque mondiale qui estime que "l’instabilité grandissante de l’économie mondiale suscite de vives inquiétudes quant à la poursuite et au développement des programmes de traitement contre le Sida dans les pays à faibles revenus".

Ainsi, la Banque mondiale propose-t-elle aux gouvernements de procéder "à une meilleure évaluation de la viabilité financière des programmes nationaux de lutte contre le VIH/SIDA sur le long terme, ainsi que de l’efficacité de l’allocation des ressources, afin d’être en mesure de gérer durablement le fardeau de l’épidémie".

Selon Mme Elizabeth Lule, un des co-auteurs du rapport, le financement à long terme de la lutte contre le VIH/SIDA constitue une question complexe, notamment, parce que le coût du traitement des nouvelles infections s’étend sur plusieurs décennies.

Pour Mme Lule, en investissant stratégiquement dans la prévention des nouvelles infections, tout en répondant aussi aux besoins actuels de traitement, de soins et de soutien, on peut aider les pays à se préparer à faire face à ce qui constituera autrement une charge budgétaire insoutenable.

Markus Haacker, également co-auteur, souligne que les pays qui souffrent le plus du poids budgétaire que constitue le financement des programmes de lutte contre l’épidémie de VIH, ne sont généralement pas ceux qui ont les taux de prévalence les plus élevés.

Il s’agit des pays à faibles revenus où le coût de chaque infection représente plusieurs fois le Produit intérieur brut (PIB) par habitant et les ressources nationales sont plus limitées.

-0- PANA SIL/JSG/SOC 17mar2012

17 mars 2012 10:41:31




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