La BAD prête à financer les projets du NEPAD

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- La Banque africaine de développement (BAD) a mobilisé 1,6 milliard de dollars pour financer divers projets d'aménagement des infrastructures à travers l'Afrique, a annoncé un haut responsable de cette institution dans un interview exclusive accordée à la PANA à Addis-Abeba.
L'Ingénieur indutriel principal de la BAD, le Dr Ini Urua a déclaré que la banque a déjà financé 33 projets différents à travers l'Afrique, pour un coût total de 800 millions de dollars dans le cadre des initiatives du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD).
"La banque s'est réformée pour être en mesure de faire avancer l'agenda africain, une nouvelle vice-présidence pour les infrastructures régionales et l'intégration régionale a été créée pour oeuvrer dans le cadre de l'intégration régionale", a déclaré M.
Urua à la PANA.
La BAD a achevé le projet de lancement de la phase de construction de l'autoroute Kenya-Ethiopie, qui va s'étendre sur près de 1.
600 km du Port de Mombasa à Addis-Abeba, afin de renforcer le transport et les communications dans la région de l'Afrique de l'Est.
La Banque est également prête à démarrer la construction du gazoduc Kenya-Ouganda cette année, une fois qu'un accord sera signé avec le soumissionnaire retenu pour ce projet intergouvernemental entre le Kenya et l'Ouganda, a révélé M.
Urua au cours de l'interview.
"La Banque soutient fortement les projets régionaux d'aménagement des infrastructures, et si les projets du NEPAD ont mis plus de temps à démarrer c'est parce qu'il faut du temps pour concevoir de tels projets et les mettre en oeuvre", a-t-il expliqué.
En s'exprimant à la veille de la prise d'une décision de reporter l'intégration des projets du NEPAD dans l'Union africaine (UA) prise par un Sommet des responsables du comité d'exécution du NEPAD, M.
Urua a mis en garde contre ce qu'il a appelé "la dramatisation de cette affaire".
"Quand le NEPAD a été conçu, la chose positive qu'ils ont faite a été d'utiliser les institutions existantes pour développer ses programmes ", a déclaré M.
Urua, qui a souligné le rôle joué par la BAD dans la renaissance économique de l'Afrique.
La BAD, selon lui, a reçu le mandat de travailler avec la Commission économique de l'ONU pour l'Afrique sur la coopération économique et la gouvernance des entreprises.
Donald Kaberuka, l'ancien ministre des Finances du Rwanda et président de la BAD, est à l'origine des initiatives de renforcement de la banque et de sa réforme interne.
Les dirigeants africains ont donné comme mission à la BAD de diriger les institutions créées sous les auspices de l'UA, qui poursuit ses initiatives de modernisation.
La banque a mobilisé des ressources financières supplémentaires pour aider l'Afrique dans ses efforts pour mettre en place de meilleurs réseaux ferroviaires et être mieux approvisionnée en électricité.
Elle travaille par ailleurs au lancement d'une initiative majeure de financement des pays africains dans le cadre d'une initative du Groupe des Huit (G8).
Dans le cadre d'une première série de projets couvrant l'Afrique, la BAD qui reçoit des fonds des institutions financières bilatérales et multilatérales, prévoit de financer un projet d'approvisionnement en électricité entre le Kenya et la Zambie, a révélé le Dr.
Urua.
"Nous voulons que nos partenaires travaillent avec nous sur les problèmes du continent: le message important que nous avons pour l'Afrique est que nous aidons au financement des initiatives régionales et que notre marge d'intérêt est très faible", a-t-il expliqué.
La BAD propose des prêts à des conditions préférentielles aux pays africains qui cherchent à développer les infrastructures routières dans leurs pays.
La banque cherche désormais à financer des projets scientifiques et technologiques sur le continent conformément aux objectifs du NEPAD de renforcer la croissance par la science.
Le Groupe des Huit a aidé la banque à mettre sur pied et à abriter une nouvelle division, le Consortium des infrastructures pour l'Afrique (ICA) afin de surmonter les obstacles liés aux capacités en Afrique.
Le Secrétariat a démarré ses activités en 2006 en se concentrant sur les domaines prioritaires comme convenu durant un sommet des pays les plus riches du monde qui ont décidé en 2005 d'augmenter leurs financements pour permettre la rénovation des résaux routiers, ferroviaires et des infrastructures énergétiques en Afrique.
"Notre rôle est de s'assurer que les engagements pris pour l'Afrique sont tenus" a déclaré M.
Urua.
Il a déclaré que la banque était désormais prête à financer une série de projets, la priorité principale étant le secteur de l'énergie.
"L'investisseur privé pour le gazoduc Kenya-Ouganda est prêt, un accord sera bientôt signé.
Nous finançons la route Mombasa- Moyale-Isiolo-Addis", a-t-il réaffirmé en soutenant que les fonds étaient déjà prêts pour ce projet.
Le Kenya et l'Ethiopie travaillent également sur un projet commun de réseau électrique, qui en est à sa phase finale après l'inauguration de la centrale électrique la semaine dernière à Addis-Abeba.
"Nous allons financer le réseau électrique Kenya-Ethiopie.
Ce sont des projets en cours.
Nous allons également associer la Tanzanie au code Kenya-Zambie", a-t-il insisté.

30 janvier 2007 17:57:00




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