La BAD plaide pour la cooptation des femmes au sein des conseils d’administration des entreprises

Abidjan, Côte d’Ivoire (PANA) - L’Envoyée spéciale de la Banque africaine de développement (BAD) pour le Genre, Mme Géraldine Fraser-Moleketi, recommande aux industries du secteur technologique l’intégration de plus de femmes au sein des conseils d’administration, pour accroître la compétitivité et contribuer à une croissance inclusive en Afrique.

Intervenant devant la mini-conférence WeLead Women’s Leadership, tenue le 7 août dernier à Johannesburg, en Afrique du Sud, Mme Fraser-Moleketi a partagé les conclusions du rapport de la BAD sur l’intégration des femmes dans les conseils d’administration dans les entreprises les mieux cotées.

Selon elle, il y a un besoin de plus de femmes dans les conseils d’administration afin d'accroître la compétitivité du continent.

"L'Afrique ne pourra réaliser sa transformation économique avec succès sans la pleine intégration des femmes, dans les plus petites entreprises comme dans celles les mieux cotées", a notamment soutenu Mme Fraser-Moleketi.

Le rapport de la BAD note que les perspectives sont positives, car l'Afrique occupe la première place dans les régions émergentes, avec 14 pour cent de femmes, membres de conseils d'administration dans les entreprises les mieux cotées, contre à 9,8 pour cent en Asie-Pacifique, 5,6 pour cent en Amérique latine et 1 pour cent au Moyen-Orient.

L'Afrique se classe aussi troisième au niveau mondial, derrière l'Europe et l'Amérique.

Toutefois, 33 pour cent d’entreprises africaines ne comptent pas de femmes au sein de leur conseil d’administration. Cependant, le secteur technologique, qui a une croissance rapide en Afrique, offre une opportunité d’intégrer les femmes.

Le rapport évoque une combinaison d'obstacles structurels, commerciaux et culturels qui empêchent les femmes de jouer un rôle important dans les économies africaines.

L'Afrique du Sud, classée 2ème dans le rapport, a élaboré un ensemble de politiques gouvernementales efficaces favorisant clairement l'égalité et la diversité, des quotas étant, par exemple, institués pour les entreprises publiques.

Le Kenya, numéro un avec 19 pour cent de femmes dans les conseils d'administration, montre que l'intérêt des institutions et organismes gouvernementaux, fixant un quota de 30 pour cent de femmes dans tous les processus de passation de marchés et de nominations, met en place les conditions pour le secteur privé de se développer.

Au sein des entreprises, la politique de diversité administrative instituée en 2012 par Barclays a permis à son conseil d’administration d’atteindre l'égalité de Genre jusqu’à 50 pour cent et plus de femmes dans le comité de direction.

Par ailleurs, Mme Fraser-Moleketi a encouragé les femmes à lutter contre les attitudes individuelles, en particulier dans le secteur de la technologie, qui offre de nombreuses possibilités pour l'autonomisation économique des femmes.

Certaines associations professionnelles de femmes ont conçu des bases de données de femmes éligibles pour des postes au sein de conseils d'administration, en vue d'augmenter leur visibilité. Comme c’est le cas en Afrique du Sud, au Kenya, au Nigeria et en Côte d'Ivoire.

La BAD veut soutenir cet effort, en créant une base de données panafricaine digitale pour des femmes capables de siéger dans un conseil d’administration, de même qu’en élaborant une charte de la diversité des entreprises avec des lignes directrices en matière de gouvernance d'entreprise, pour catalyser les efforts du secteur privé.

"Il n'y aura pas d'autre moyen pour nous d’être à la hauteur de l'agenda de la croissance inclusive de l'Afrique, que de repenser notre environnement politique et des affaires et d'investir dans le leadership des femmes.  Car les femmes autonomes contribueront à transformer l'Afrique", a estimé Mme Fraser-Moleketi.
-0- PANA BAL/JSG/IBA 11août2015

11 août 2015 11:38:43




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