L’urbanisation, une opportunité de développement pour l'Afrique

Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) - L’urbanisation constitue une opportunité de développement pour l’Afrique, selon les experts à la 5ème réunion des ministres de l’Economie, des Finances, de la Planification et du Développement qui se tient actuellement à Addis-Abeba, en Ethiopie.

"Avec l’urbanisation et la montée de la classe moyenne, les consommateurs africains vont aussi grandement contribuer à améliorer les perspectives de croissance du continent", ont estimé les experts à cette réunion annuelle organisée par la Commission de l’Union africaine et la Commission économique pour l'Afrique (CEA).

Actuellement, 40 pc des Africains vivent en zone urbaine et cette proportion devrait augmenter, notent les experts.  

En 2008, rappellent-ils, 85 millions de ménages africains avaient un revenu de 5.000 dollars américains ou plus, seuil à partir duquel, ils commencent à consacrer à peu près la moitié de leur budget à l’achat d’autres biens que la nourriture.

Dans les dix années à venir, prévoient-ils, le nombre de ménages disposant d’un revenu discrétionnaire devrait augmenter de 50 pc, pour atteindre 128 millions et d’ici à 2030, les 18 villes les plus grandes pourraient avoir un pouvoir d’achat total de 1.300 milliards de dollars américains.

"De toute évidence, l’Afrique représente un énorme marché régional encore inexploité, ce qui pourrait l’aider à attirer des investissements plus élevés aux niveaux national et international", selon les experts.

Cependant, indiquent-ils, s’il y a des raisons d’être optimiste concernant les perspectives de développement de l’Afrique, il subsiste d’importants obstacles auxquels les dirigeants du continent, de concert avec leurs partenaires intérieurs et extérieurs, devront s’attaquer de manière décisive et globale s’ils veulent libérer le potentiel de l’Afrique, jeter les bases  d’une croissance durable et sans exclusive, arracher des millions de leurs concitoyens à la pauvreté et positionner le continent comme pôle de croissance mondiale.

En dépit des très bons résultats économiques enregistrés ces dernières années, les économies africaines demeurent vulnérables face aux chocs exogènes et ce, alors que les infrastructures, les ressources humaines et financières, les structures institutionnelles et la vision à long terme du développement, tous éléments nécessaires à la transformation structurelle du continent, laissent à désirer, relèvent-ils.

Selon eux, il en est de même de la base industrielle, largement dépendante de matières premières et de technologies importées, ce qui compromet la compétitivité et met en lumière le besoin urgent de développer une base technologique autochtone.

Dépendant lourdement du secteur informel, peu productif, l’Afrique ne progresse que lentement vers la réalisation de ses objectifs de développement et le continent connaît le taux de pauvreté le plus élevé du monde (46 pc), déplorent les experts.

Démarrée lundi dans la capitale éthiopienne, la 5ème réunion annuelle conjointe de la Conférence des ministres de l'Economie et des Finances de l'Union africaine et de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique prend fin ce mardi.

Elle regroupe une cinquantaine de ministres et une douzaine de gouverneurs de Banque centrale sur le thème "Libérer le potentiel de l’Afrique en tant que pôle de croissance mondiale".
-0- PANA IT/JSG/IBA  27mar2012

27 mars 2012 11:22:25




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