L'université rejette les lauréats burkinabé du bac malien

Ouagadougou- Burkina Faso (PANA) -- Les élèves burkinabé qui ont échoué au baccalauréat au Burkina et qui ont été admis à celui du Mali ne pourront pas s'inscrire à l'université de Ouagadougou, a déclaré récemment aux étudiants le chancelier de l'université de Ouagadougou, le Pr Alfred Traoré.
S'adressant aux associations et amicales d'étudiants lors d'une séance d'échanges, le Pr Traoré a précisé que cette décision ne signifie pas une remise en cause du baccalauréat malien, mais une application stricte des textes qui, a-t-il dit, "ne tolèrent pas cette émigration des candidats d'un pays à un autre au cours de la même session".
Cette décision, selon le chancelier, président de Conseil d'administration de l'université de Ouagadougou, fait suite à des plaintes de la part des autorités maliennes qui estiment que l'arrivée intempestive de candidats burkinabé sur leur sol perturbe les sessions.
Cette année, 1.
000 candidats burkinabé ont pris des inscriptions au Mali parmi lesquels 200 ont été déclarés admis, indique-t-on.
Tenant compte des troubles qui perturbent ces dernières années les examens et conscients que les épreuves du bac burkinabé se déroulent bien avant celles du Mali, certains parents prennent des candidatures libres en territoire malien pour leurs enfants déjà candidats aux examens du bac au Burkina.
"Cela fait que des élèves du Burkina sont titulaires du bac malien, bénéficiant du coup des avantages de tout bachelier burkinabé, alors qu'ils ont déjà échoué ici au bac", s'est indigné le chancelier.
Au cours de la rencontre qui portait sur la rentrée universitaire 2001-2001 et sur des informations générales, M.
Traoré a exigé que les étudiants étrangers versent intégralement les frais d'inscription (200.
000 F CFA) avant de suivre les cours.
Les nationaux disposent de deux mois supplémentaires au-delà desquels ils seront déclassés, a ajouté le chancelier, qui a précisé que ces mesures visent à éviter les impayés de frais d'inscription qui avaient souvent été observés par le passé.
Cette année universitaire qui commence correspond à la deuxième année de la refondation de l'université, elle même consécutive à une année invalidée, rappelle-t-on.
Le chancelier a informé les étudiants que les nouvelles mesures issues de la refondation comme l'introduction des systèmes modulaires seront en partie appliquées cette année.
Evoquant la question de la sécurité sur le campus, le Pr Traoré a demandé aux autorités de mandater les vigiles pour démasquer les éléments extérieurs qui viennent souvent semer le trouble à l'université, faisant ainsi allusion aux candidats de la session d'octobre qui ont été agressés par des bandits il y a quelques semaines.
On rappelle que la présence des vigiles, qui date de la refondation il y a plus d'une année, constitue un point de discorde entre les autorités de l'université et les syndicats des enseignants.

12 octobre 2001 09:29:00




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