Conakry- Guinée (PANA) -- Le porte-parole des 14 partis d'opposition guinéens soutenant la grève de l'inter-centrale syndicale, Mamadou Bah s'est félicité, dimanche, de la médiation entreprise par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) pour un dénouement heureux de la crise socio- politique qui a fait depuis janvier plus d'une centaine de morts dans son pays.
Dans un entretien accordé à la PANA, M.
Bah, par ailleurs leader de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), a précisé que l'opposition guinéenne saluait cette médiation conduite par l'ancien chef de l'Etat nigérian, Ibrahim Badamassi Babangida, qui a été reçu, samedi à Conakry par le général Lansana Conté entouré de plusieurs de ses proches collaborateurs.
Le doyen des leaders politiques guinéens a ajouté qu'il ne regrettait pas d'avoir été consulté par la très forte délégation de la CEDEAO qui a rencontré plus tard plusieurs diplomates et les chefs des missions européenne et onusienne dans la capitale guinéenne.
Le médiateur de la CEDEAO a indiqué à la presse nationale, seule à avoir été autorisée à être présente sur les lieux, que des risques de menaces potentielles de rébellion existent en Guinée à cause de cette crise, partie de la grève générale déclenchée le 10 janvier par l'inter-centrale syndicale.
"Peut-être que de mauvais esprits au Liberia veulent profiter de cette situation de chaos pour semer le désordre en Guinée.
Nous plaidons pour la négociation en vue de consolider le processus démocratique", a souligné le général Babangida, qui était accompagné dans cette mission par le président de la Commission de la CEDEAO, Mohamed Ibn Chambas et plusieurs autres personnalités nigérianes.
Pour sa part, M.
Chambas a assuré que son institution est préoccupée par la situation guinéenne et regretté les pertes en vies humaines.
Quarantes-huit heures avant l'arrivée des émissaires de la CEDEAO, le ministre burkinabé de la Coopération régionale, Jean de Dieu Somda, porteur d'un message de Blaise Compaoré, président en exercice de la Communauté avait été reçu par Eugène Camara, le nouveau Premier ministre dont la nomination, contestée par syndicats et partis politiques, est à l'origne de la reprise du mouvement contre le régime du président Conté.