L'odyssée du bateau Etireno largement commentée

Cotonou- Bénin (PANA) -- Les journaux béninois de cette semaine ont axé l'essentiel de leurs commentaires sur le prétendu bateau "négrier" béninois au Gabon.
Le quotidien gouvernemental "La Nation", avec le titre "Enfin Etireno retourné à Cotonou", écrit que le prétendu négrier transportant l'inimaginable nombre de 250 mineurs béninois en direction de Libreville au Gabon, a jeté l'ancre au Port autonome de Cotonou mardi aux environs de deux heures du matin.
"Ce soi-disant esclavagisme qui, depuis quelques jours, faisait couler beaucoup d'encre et de salive n'est en réalité qu'un canular", commente le journal.
"Qui connaît la vraie version des faits ?", s'interroge le quotidien indépendant "Le Progrès".
C'est dans le quotidien privé "Le Matin" et celui gouvernemental "La Nation " qu'on trouve une approche de réponse à cette interrogation, avec les titres respectifs "Confessions des marins et d'un passager" et "Calvaire d'un voyageur clandestin".
Les deux quotidiens soutiennent en rapportant les propos du voyageur Mamadou Fall, un jeune Sénégalais embarqué sur le navire Etireno le 30 mars dernier à Cotonou pour rejoindre ses parents à Libreville, qu'en vérité, à bord du bateau se trouvaient des passagers sans visa d'entrée, ni autorisation de séjour et qui comptaient fouler le sol gabonais après un transbordement sur des barques de pêches.
Ils révèlent que la police du pays hôte, qui veillait au grain, a refoulé les clandestins avec Etireno sur lequel ils ont passé des nuits à la belle étoile, avec peu d'eau et de pain, à la merci de toutes les intempéries.
Le quotidien "Les Echos du Jour", avec le titre " Les vérités du ministre Zossou ", publie la réaction du ministre de la Culture et de la Communication et porte-parole du gouvernement béninois.
Celui-ci a fustigé l'attitude de la presse qui a qualifié le trafic de clandestins de commerce négrier, et affirmé que "le phénomène de trafic des enfants existe partout dans le monde".
"Je refuse qu'on compare ce qui s'est récemment passé à la traite négrière.
Le navire Etireno ne comptait qu'environ 40 enfants accompagnés de leurs parents au lieu de 250 initialement annoncés", a-t-il dit au journal.
Le quotidien "Le Républicain", qui affiche dans sa manchette "Bientôt une enquête judiciaire", affirme que le navire Etireno fait actuellement l'objet d'une information judiciaire diligenté par le gouvernement du Bénin "pour qu'on arrive à des vérités objectives".
Mais en attendant les conclusions de cette enquête, "le capitaine du navire et le navire sont consignés au Port autonome de Cotonou, et les passagers sont regroupés dans un orphelinat d'Abomey Calavi (environ 20 km au nord de Cotonou), fait savoir le quotidien privé "Le Progrès".

20 avril 2001 19:23:00




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