L'incidence mondiale de la poliomyélite réduite de plus de 90 pour cent, selon le Représentant de l'OMS au Mali

Bamako, Mali (PANA) - L'effort mondial a permis de réduire de plus de 90 pour cent l'incidence mondiale de la poliomyélite, a révélé le Représentant au Mali de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Dr. Baba Tounkara, lors du lancement, vendredi dernier, au Mali, des journées nationales de vaccination contre la poliomyélite synchronisées et couplées avec l'administration de la vitamine A et de l'Albendazole.

"Sans cet effort, plus de 10 millions de personnes qui marchent aujourd’hui seraient paralysées", a indiqué le Dr. Tounkara, félicitant le Mali pour sa contribution dans cet effort mondial et rappelant que ce pays a su maintenir le statut de pays libre de polio autochtone depuis 2008.

Selon le Dr. Tounkara, chaque pays doit préserver ce statut comme un bien précieux, malgré les multiples défis.

Il s'est dit convaincu qu’un jour arrivera où la polio ne sera plus connue par les générations futures grâce aux efforts et actions des pays.

Mais, a-t-il prévenu, sans la poursuite de la détermination dans l’effort, il existe un risque énorme de perdre les acquis de l’éradication de cette redoutable maladie

Pour le Secrétaire général du ministère malien de la Santé et de l’Hygiène publique, le Dr. Mama Coumaré,  ces journées, qui se poursuivent jusqu'au 24 avril sur toute l'étendue du territoire malien,  traduisent l’engagement du Mali à soutenir des activités en faveur de l’éradication de la poliomyélite, de la prévention et de la lutte contre la carence en vitamine A, de la lutte contre les parasitoses intestinales et l’anémie.

Ces journées coûteront à l'Etat malien et à ses partenaires plus de 890 millions de FCFA.

La poliomyélite est une maladie redoutable, très contagieuse, provoquée par un virus qui envahit le système nerveux et peut entraîner, en quelques heures, une paralysie flasque aiguë fébrile, voire la mort.

Elle touche principalement les enfants de moins de cinq ans. Une protection efficace de la population contre la maladie requiert une couverture vaccinale de plus de 95 pc, tant en vaccination de routine qu’en campagne de masse, celai exigeant l’administration de doses répétitives de vaccin polio oral.

L’éradication de la maladie, selon une note du ministère malien en charge de la Santé, est basée sur les stratégies comme l’organisation d’Activités supplémentaires de vaccinations (AVS) ou Journées nationales de vaccination (JNV) de qualité, le renforcement de la vaccination de routine et de la surveillance des Paralysies flasques aiguës (PFA).

La stratégie retenue pour les présentes journées est celle du porte à porte, les vaccinateurs passant de maison en maison, dans les hameaux, les sites et points de regroupement (marchés, gares, postes frontaliers, postes de contrôle, ports de pêche), autant de fois que nécessaire pour vacciner tous les enfants cibles.

Selon le Secrétaire général, les progrès enregistrés ces dernières années sont encourageants. A ce titre, la sous-région ouest-africaine vient de passer 15 mois sans enregistrer le moindre cas de poliomyélite.

Au Mali, le dernier cas de poliovirus sauvage autochtone a été décelé le 23 juin 2011 dans le district sanitaire de Goundam, dans la région de Tombouctou (Nord).

La situation actuelle au Nord-Mali revêt un risque non moindre de propagation du poliovirus au sein des populations, constate le Dr. Coumaré qui invite à faire preuve d’une plus grande vigilance pour prévenir la survenue de la maladie.

L’organisation des JNV Polio de qualité synchronisées avec la Cote d’Ivoire, la Guinée, la Mauritanie, la Sierra Leone, le Niger, le Liberia, la Guinée-Bissau et le Bénin permettra de stopper la circulation du poliovirus et d’accélérer l’éradication de la maladie dans la sous-région, indique-t-on.

La carence en vitamine A, constitue un problème de santé publique au Mali. Le fort taux de mortalité infanto-juvénile (98 pour 1000 naissances vivantes) est enregistré au Mali, selon l’Enquête démographique et de Santé V réalisée en 2012-2013.

Elle révèle un risque élevé de carence en vitamine A qui est la principale cause de cécité évitable chez les enfants dans les pays en développement.

Une note du ministère malien en charge de la Santé souligne que la supplémentation en vitamine A et le déparasitage sont importants pour la survie des enfants et contribuent à la réduction de la mortalité infantile de 23 pc, toutes causes confondues et la réduction de la cécité infantile de 70 pc.

Cependant,  précise la note, pour inverser la tendance dans les pays où le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans est supérieur à 50 décès pour 1000 naissances vivantes, l’OMS et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) recommandent que tous les enfants de 6 à 59 mois reçoivent chaque année deux doses de vitamine A espacées d’une période de six mois, un taux de couverture supérieur à 80 pc, afin de garantir un impact significatif sur la survie de l’enfant. Cet impact serait de 24 pc de réduction du taux de mortalité infantile.
-0- PANA GT/JSG/IBA 23avr2018

23 avril 2018 11:55:42




xhtml CSS