L'imminence d'un accord inquiète les rebelles du Darfour

  Khartoum- Soudan (PANA) -- Le Mouvement de Libération du Soudan (SLM), basé dans la région du Darfour, partie ouest du pays, craint d'être balayé par les troupes gouvernementales une fois que Khartoum aura signé un accord final mettant un terme à la guerre civile qui déchire le sud du pays depuis 20 ans.
   Le gouvernement "négocie avec le sud en raison de la pression exercée par la communauté internationale et de la pression militaire dans le sud, dans l'ouest et dans l'est du Soudan", aurait affirmé le secrétaire général du SLM, Mani Arkoi Minawi, cité dans l'édition de vendredi du quotidien en langue arabe, Alhayat.
La signature d'un accord de paix avec l'Armée de Libération du Peuple du Soudan (SPLA) "permettra au gouvernement de regrouper ses forces afin d'exercer sa répression dans les autres zones marginalisées, notamment dans l'ouest et contre notre mouvement, en particulier", aurait également indiqué M.
Minawi.
Les négociations entre le gouvernement et la SPLA se déroulent au Kenya, en vue de la signature d'un accord de paix final, en principe avant la fin du mois de décembre, a affirmé le Secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, au cours de son passage au Kenya, mercredi.
"Nous voulons un accord global pour l'ensemble du Soudan (nord, est, ouest et sud)", a déclaré M.
Minawi, prié de donner ses impressions sur les pourparlers de paix en cours au Kenya.
"Ni le gouvernement ni le Sud ne représentant l'ensemble du Soudan.
Bon nombre de régions sont négligées", a-t-il affirmé, au cours d'une interview réalisée par téléphone à partir de sa base du Darfour.
Dans sa réponse à une question sur la position qu'adopterait son mouvement au cas où Khartoum et la SPLA iraient de l'avant pour signer un accord séparé, il a déclaré : "nous représenterons un obstacle à la réalisation d'une telle paix".
"Nous ne croyons pas que le gouvernement travaille à un règlement global", a affirmé le leader du plus récent groupe rebelle du Soudan.
Selon les estimations des Nations Unies, 3.
000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit entre le SLM et les troupes gouvernementales cette année dans le Darfour, une région semi- désertique située le long de la frontière avec le Tchad.
Quelque 400.
000 personnes ont été déplacées.
Les rebelles expliquent que s'ils ont eu recours aux armes c'est parce que le gouvernement central, à Khartoum, a négligé les besoins économiques de la région du Darfour, qui abrite plusieurs minorités indigènes.

25 octobre 2003 11:55:00




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