L'IPPF s'élève contre la marginalisation des homosexsuels et leur privation des soins de SSR

Johannesburg, Afrique du Sud (PANA) - Dans un accès d'énervement mal dissimulé, le directeur  général de la Fédération internationale de la Planification familiale,  l'Ethiopien Tewodros  Massele, a fustigé l'intransigeance des "moralistes" qui se posent en censeurs du droit des personnes a choisir librement leur  vie sexuelle, alors qu'ailleurs ils (ces moralistes) se rendent coupables de viols sur les jeunes garçons.

M. Tewodros qui tenait ces propos lors de la séance de restitution d'une enquête de  l'IPPF sur la sexualité des jeunes d'Afrique du Sud, du Zimbabwe, du Nigeria et de la Namibie,  a mis l'accent sur le besoin de reconnaitre aux homosexuels le droit de choisir leur vie sexuelle et contribuer ainsi à les sortir d'une clandestinité préjudiciable à leur santé sexuelle.

En effet, dans son ouvrage "60 ans, 60 recits" publié dans le cadre de son soixantième anniversaire,   la Federation internationale se fait un point d'honneur d'avoir obtenu des résultats satisfaisants dans sa lutte contre les tabous  et les obstacles culturels à la planification familiale dont souffrent notamment l'avortement sans risque et l'homosexualité, entre autres.

"S’il y a un résultat dont l’IPPF et les Associations membres sont fières au cours des six dernières décennies, c’est l’ouverture de débats publics sur des questions considérées comme des tabous. L’un de ces sujets concerne les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transsexuelles et intersexuées (LGBTI)", affirme le document.

Prenant en exemple la lutte  menée par l’Association camerounaise pour le bien-être familial (CAMNAFAW) dans le domaine, "60 ans, 60 récits" indique que  les débats autour de l’homosexualité sont généralement passés sous silence ou soulèvent des émotions, parfois violentes,  lorsque le sujet vient à être évoqué.

"Personne ne veut en parler, si bien que les personnes ayant cette orientation sexuelle se cachent,  du fait de la  stigmatisation et de la discrimination dont elles font l’objet, ce qui n’a pas facilité la prestation de services de santé de la reproduction en leur faveur,  tels les tests de dépistage de VIH, la prévention et le traitement", rapporte l'IPPF.

Le "recit" de l’Association camerounaise pour le bien-être familial (CAMNAFAW) porte sur son projet « Satisfaire les besoins divers en matière de sexualité et de reproduction » destiné a "améliorer l’accès  à la santé sexuelle et de la reproduction, ainsi qu'aux droits des LGBTI à Yaoundé", où 62% des personnes ciblées par le projet sont des hommes contre 33% de femmes.

Par ailleurs, précise le document,  43%  de ces hommes ont déclaré être homosexuels contre 19% de bisexuels, tandis que chez les femmes, 19% affirment être des lesbiennes, les 5% restants se déclarant intersexuées.

"Mais atteindre cette catégorie de personnes en leur fournissant les services de SSR n’a pas été aisé pour la CAMNAFAW" qui a dû recourir au soutien des pairs et des groupes de conseil' ainsi qu'à la création des espaces sécurisés dans les centres d'accueil pour les responsabiliser à prendre  l’initiative de recourir aux services de santé sexuelle et de Reproduction (SSR).

Cette intervention a eu pour résultat la formation des gays en pairs éducateurs et pour la première fois, les LGBTI se sont constitués en groupes pour sensibiliser en retour les décideurs et le public sur leurs droits à la SSR et faire face à la stigmatisation.

La CAMNAFAW se dit satisfaite aujourd'hui  de la mise en oeuvre de ce projet et du ciblage d’un groupe qui a été longtemps mis de côté dans la prestation des services de SSR,  d’autant plus que, précise-t-elle "le projet a permis d’initier désormais des débats au sein de la société camerounaise et des cercles de décideurs sur leurs droits".

-0- PANA SSB/SOC 27nov2012

29 novembre 2012 21:12:05




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