L'habillement des filles heurte les bonnes consciences à Kinshasa

Kinshasa- RD Congo (PANA) -- La mode vestimentaire chez les jeunes kinoises est de plus en plus assimilée au "racolage" ou à "l'incitation au viol", communément appelée "Phénomène BIP" et heurte les bonnes consciences de la capitale congolaise.
Dans les rues de Kinshasa et les points d'attraction de la ville, on rencontre parfois des jeunes filles dont l'accoutrement offre un spectacle, soit désolant, soit attrayant.
Les habits amples cèdent de plus en plus la place aux habits sexy ou juste au corps, du genre jeans collants, bodies, serre corps, singlet, pantalon moulant.
Jean Bandoma, pompiste, estime que les jeunes s'habillent très mal et cèdent facilement à l'exhibitionnisme.
Dans l'accoutrement en vogue actuellement auprès des jeunes, l'on fait peu cas de la pudeur et du respect de bonnes moeurs.
Mme Louise Mundoki, enseignante, note qu'une catégorie de jeunes filles ne se gène plus à exposer une partie intime de leur corps.
C'est soit le ventre, la poitrine, les cuisses ou encore le dos.
Dans certains cas poursuit-elle, une partie du string ou slip est sciemment exposée au regard de passants.
"Tout cela est fait, plus pour provoquer que pour séduire.
Il est plutôt question de capter l'attention du premier passant et de susciter un second regard qui répond à l'appel ou BIP", a indiqué Mme Mundoki qui reconnaît que de telles tenues sont "repoussantes et dégoûtantes".
Quant aux jeunes filles, leurs impressions sont différentes.
Soutenant que "l'habit ne fait pas le moine", elles évoquent comme raison, l'évolution de la société et la modernisation pour justifier leur mise pourtant décriée.
Nos tenues actuelles, nous permettent de sortir de la coquille traditionnelle obscurantiste, soutient Jeanne Mavwela, étudiante dans une université de Kinshasa.
Il est question, selon elle, d'être sexy, attirante, d'être à la page, à la hauteur de son époque et de ne pas être "déphasée".
Rejetant les critiques d'exhibitionnisme ou exposition des parties intimes du corps qui leur sont généralement adressées, Marie-Claire Ewanga, une autre étudiante, estime que le problème n'est pas dans la tête de celle qui porte tel ou tel autre habit, mais plutôt, dans le regard de celui qui l'observe avec des "arrière-pensées et des idées tordues".

23 Maio 2003 21:18:00




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