L'état de santé de Haftar, l'élection d'un nouveau président de la commission électorale et la découverte des corps d'enfants enlevés en 2015 font la Une des journaux en Libye

Tripoli, Libye (PANA) - Les journaux libyens paraissant cette semaine se sont focalisés sur l'état de santé du maréchal Khalifa Haftar évacué en France où il se soigne pour un "accident cérébral", dévoilant le mystère entretenu autour de Haftar et les folles rumeurs qui ont circulé notamment sur son décès.

L'élection d'un nouveau président du Haut Conseil d'Etat, organe consultatif issu de l'Accord politique libyen de Skhirat, perçu comme une alternance pacifique au pouvoir, a suscité l'engouement de la presse libyenne qui s'est intéressée, d'un autre côté, à la découverte macabre des dépouilles mortelles de trois enfants enlevés en 2015 à Sorman dans l'Ouest de la Libye, provoquant un grand tollé dans les différents milieux du pays.

Le journal "al-Wassat" a rapporté un tweet de la Mission d'Appui des Nations unies en Libye (UNSMIL), annonçant que son chef et Représentant du Secrétaire général de l'ONU, Ghassan Salamé, a eu un entretien téléphonique avec le maréchal Khalifa Haftar sur la situation du pays, mettant fin aux informations contradictoires ayant circulé, relatives à son état de santé et son évacuation en France où il serait soigné.

L'UNSMIL a écrit dans son tweet, selon le journal, que: "Ghassan Salamé et Khalifa Haftar ont communiqué par téléphone et discuté de la situation générale en Libye et des derniers développements politiques dans le pays.

Selon le journal, cette nouvelle met fin aux spéculations sur l'état de santé du maréchal libyen et confirme qu'il n'est pas aussi dégradé que certaines sources l'ont indiqué et d'après les informations qui ont circulé sur les réseaux sociaux donnant lieu aux plus folles versions.

"Al-Wassat" a rapporté aussi des extraits de l'article du journal français "L'Express" qui a cité dès le 10 avril "des sources crédibles et concordantes indiquant que le Maréchal Khalifa Haftar, 75 ans, maître du Grand Est libyen, a bien été admis en urgence dans un hôpital parisien, où il se trouverait toujours en observation, afin d'y être soigné pour un accident cérébral".

La même source a indiqué qu'"aux dires d'un proche conseiller de son rival Fayez al-Sarraj, le patron du GNA - Gouvernement dit d'union nationale issu de l'Accord à Skhirat (Maroc) en décembre 2015 et reconnu par les Nations unies - le très martial commandant de l'Armée nationale libyenne (ANL) (...), serait désormais hors de danger. Son pronostic vital, selon une autre source, n'a jamais été engagé".

Selon le journal citant d'autres sources officieuses, le maréchal aurait été évacué le jeudi 5 avril à partir de la Jordanie vers la France après présomption d’hémorragie cérébrale.

Pour sa part, le journal Afrigatenews s'est fait l'écho de l'élection de Khaled al-Mashri, élu nouveau président du Haut Conseil de l'Etat avec 64 voix, battant le président sortant Adelrahman al-Sweihli lors du second tour des élections organisées par cette instance consultative issue des arrangements de l'Accord politique libyen.

Selon le journal, son rival Abdelrahman al-Sweihli a obtenu 45 voix lors du vote organisé à l'occasion de la 28ème session ordinaire du Conseil qui a enregistré le quorum requis par la présence de ses membres.

Cette élection et l'acceptation par toutes les parties des résultats ont insufflé un nouvel élan au processus politique en Libye dans l'impasse depuis plusieurs années en dépit des différentes tentatives pour résoudre la crise dont la dernière a été le Plan d'action de l'Envoyé des Nations unies en Libye, Ghassan Salamé, a ajouté le journal.

Afrigatenews a indiqué que plusieurs personnes ont vu dans cette alternance à la tête du haut Conseil d'Etat une opportunité de résoudre la crise politique libyenne qui a buté sur des divergences entre cette instance consultative et le Parlement libyen à propos des amendements de l'Accord politique sous l'égide de l'émissaire onusien.

Citant l'universitaire libyen, Abdelmajid Fitouri, le journal a indiqué que: "cette élection, bien qu'elle soit limitée à une institution et que son impact soit réduit, démontre qu'on peut établir une véritable démocratie en Libye si on accepte d'en respecter les règles", précisant que: "le Parlement devrait faire la même chose en renouvelant le bureau de manière à promouvoir l'alternance et donner les chances de parvenir à un accord sur le règlement de la crise".

Le journal a souligné que les réactions de la classe politique à cette élection sont caractérisées par une grande tendance à saluer ce changement, tout en nuançant ses répercussions sur la scène politique dans le pays.

Le journal "al-Marsad"  a rapporté que les corps de trois enfants de la famille al-Charchari enlevés depuis décembre 2015, ont été retrouvés sans vie, précisant que cette découverte a suscité un grand émoi chez les Libyens déconcertés par la poursuite de la violence dans le pays.

L'organe des enquêtes criminelles, branche de l'Ouest, a trouvé les dépouilles enterrées dans une forêt près de la ville de Sabratha, ouest du pays, a précisé le journal.

Le journal a indiqué que les présidents de la Chambre des représentants (Parlement), Aguila Saleh Issa et du Conseil présidentiel, Fayez al-Sarraj, ont qualifié "cet acte criminel de terroriste et odieux, perpétré par des terroristes, des meurtriers et des criminels contre la vie d'enfants innocents, ce qui exige que le peuple libyen conjugue ses efforts et resserre les rangs pour combattre et éliminer le terrorisme dans toutes les régions de la Libye".

"Al-Marsad" a rappelé que le 2 décembre 2015, un groupe armé à bord de plusieurs voitures a intercepté la voiture familiale d'al-Charari, un homme d'affaires, transportant les enfants qui sont Dahab,12 ans, Mohamed, 8 ans et Abdelhamid, 5 ans; avec leur mère vers l'école dans la ville de Sorman. Les hommes armés ont tiré des rafales de balles, blessant le conducteur et ont enlevé les enfants.
-0-  PANA  BY/TBM/IBA  15avr2018

15 avril 2018 21:28:57




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