L'esclavage, une des plus grandes tragédies vécues par l'Afrique

Brazzaville- Congo (PANA) -- Le ministre congolais de la Culture, des Arts et du Tourisme, M.
Jean-Claude Gakosso, a qualifié samedi soir à Brazzaville, l'esclavage des Africains comme étant l'une des plus grandes tragédies de l'histoire du continent.
"L'Afrique, berceau de l'humanité, terre de nos ancêtres, a connu avec l'esclavage de ses enfants l'une des plus grandes tragédies de son histoire.
Nous organisons ce festival pour rappeler le souvenir d'un crime longtemps occulté, un crime contre l'humanité et lui restituer la place qui, depuis longtemps, aurait pu être la sienne dans la conscience des hommes", a déclaré M.
Gakosso, à l'ouverture de la 5ème édition du Festival panafricain de musique (FESPAM).
La cérémonie d'ouverture a été présidée par le chef de l'Etat congolais, M.
Denis Sassou N'Guesso, au stade Félix Eboué de Brazzaville en présence du ministre de la Culture de la République démocratique du Congo (RDC) avec la participation de plusieurs artistes venus du Congo, d'Afrique, des Amériques et des Caraïbes.
"C'est pour empêcher l'oubli, de répondre à notre devoir de mémoire, que nous sommes rassemblés dans ce stade qui porte le nom emblématique de Félix Eboué, un des descendants de l'esclavage qui gouverna ici à Brazzaville l'Afrique équatoriale française (AEF)", a souligné M.
Gakosso.
Il a indiqué que c'est par devoir de mémoire que nous avons convié l'Afrique et sa diaspora à la 5ème édition du Festival panafricain de musique 2005 qui se tiendra jusqu'au 16 juillet prochain, simultanément à Brazzaville, Pointe-Noire, au Congo, et à Kinshasa en RDC, sous le thème: "Héritage de la musique africaine dans les Amériques et les Caraïbes".
"200 ans après l'abolition et la proclamation de la première République noire qui identifie l'Afrique et le monde, le FESPAM, unique en son genre, est l'occasion de réviser notre devoir de conscience vis-à-vis de cette tragédie (.
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)", a martelé le ministre congolais de la Culture, des Arts et du Tourisme.
Selon M.
Gakosso: "aujourd'hui, le monde s'accorde pour dire que l'extraordinaire brassage des cultures qui en a résulté a profondément transformé les Amériques et les Caraïbes.
Grâce à cette partie du monde, les généreuses traditions culturelles, d'admirables savoir-faire, le savoir technique et scientifique, une philosophie, une spiritualité, sont désormais indissociables de la civilisation du monde moderne".
Pendant une semaine, les musiciens qui comptent parmi les meilleurs du monde vont rivaliser dans les deux métropoles jumelles, Brazzaville et Kinshasa.
Pendant le déroulement du festival, il s'agira de mieux apprécier et mieux évaluer les genres musicaux de l'Afrique profonde, nés dans les souffrances de la déportation et dans l'inéluctable métissage qui s'en est suivi outre Atlantique parmi lesquels le jazz, le blues, le reggae et autre salsa.
Le FESPAM sera notamment marqué par des concerts exceptionnels avec des rythmes afro-caraïbéens et sud-américains, de même que de la musique traditionnelle et moderne, sous-tendus par l'exposition d'instruments traditionnels de musique et d'un Marché de la musique africaine (MUSAF).
Un symposium scientifique aura lieu également à Pointe-Noire sur le site historique de Loango, symbolisant la route de l'esclavage ainsi qu'une excursion sur le Fleuve Congo.
Créé en 1996, le FESPAM vise à promouvoir et valoriser la musique africaine dans ses trois grandes dimensions: traditionnelle, moderne et religieuse.

10 juillet 2005 11:33:00




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