L'épidémie d'Ebola se propage dans une zone de l'Est de la RD Congo cernée par les rebelles

Genève, Suisse (PANA) - La violence des rebelles dans l'Est de la République démocratique du Congo s'intensifie dans la province du Nord-Kivu touchée par le virus Ebola, mettant des millions de personnes en danger, a averti le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) vendredi.

"Des milliers de civils ont fui leurs villages incendiés, rapportant des attaques brutales", a déclaré vendredi lors d'un briefing à la presse, le porte-parole du HCR, Andrej Mahecic, indiquant qu'un cas d’Ebola et un cas suspect ont été enregistrés à Oicha, une ville de la région, entourée de groupes armés.

La maladie a tué plus de 60 personnes et en a infecté des dizaines d'autres au cours des dernières semaines, selon un communiqué de l'ONU.

Les déplacements forcés dans cette partie du pays restent massifs. On estime que plus d'un million de personnes sont déplacées dans le Nord-Kivu. C'est la plus forte concentration de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays (PDI) en RDC. Environ un demi-million de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer cette année seulement.

Lors de la même séance d'information, le Dr Peter Salama, directeur général-adjoint de la préparation et de l'intervention d'urgence de l'OMS, a déclaré que la découverte de l'infection à Ebola dans la partie difficile d'accès de l'Est de la RDC pourrait marquer un tournant dans lutte contre la maladie mortelle.

"C'était vraiment le problème que nous anticipions et que nous redoutions. Nos équipes ont répondu cette semaine. Ils ont dû rejoindre Oicha avec une escorte armée ... Une fois à Oicha, ils peuvent se déplacer plus librement dans la ville, car la ville elle-même est une zone jaune du point de vue de la sécurité ", a-t-il expliqué.

M. Mahecic a déclaré que le HCR était particulièrement préoccupé par la détérioration de la situation dans le territoire nord de Ben, touché par Ebola, où se trouve la ville d'Oicha. La région abrite environ 1,3 million de personnes. La spirale du conflit a laissé la population vivant pratiquement en état de siège depuis octobre 2017. Les informations faisant état d'une augmentation des violations des droits de l'homme et des restrictions d'accès humanitaire sont fréquentes.

Selon les estimations, plus de 100 groupes armés sont actifs dans la province, terrorisant continuellement la population. Malgré une offensive militaire de grande envergure menée par l'armée congolaise contre l'un des principaux groupes rebelles, les Forces démocratiques alliées (ADF), depuis le mois de janvier, la violence n'a pas cessé.

"Malgré les problèmes de sécurité, une équipe du HCR a visité la région au nord de Beni au début du mois et a effectué des évaluations humanitaires dans les districts d'Oicha et d'Eringeti", a-t-il ajouté, poursuivant, "des résidents ont été attaqués avec des machettes. Les histoires de massacres, d'extorsion, de déplacements forcés et d'autres violations des droits de l'homme sont fréquentes. "

En outre, la violence sexuelle et sexiste sévit sur le territoire de Beni. De nombreux enfants sont recrutés comme enfants soldats. La violence est particulièrement répandue dans le "triangle de la mort" entre les villes d'Eringeti, Mbau et Kamango, à la frontière entre l'Ouganda et la RDC, ainsi que dans les villes de Beni, Oicha et Mavivi.

Le HCR augmente sa capacité dans le Nord-Kivu pour répondre aux besoins humanitaires croissants.

"Nous organisons des abris d’urgence supplémentaires et d’autres aides humanitaires pour répondre aux besoins des personnes déplacées à Beni. Bien que la réponse humanitaire du HCR se poursuive malgré l’épidémie d’Ebola, la situation sécuritaire actuelle et le déficit de financement drastique entravent gravement nos efforts. L'appel du HCR en RDC 2018, d'un montant total de 201 millions de dollars, est financé à seulement 17 pc", a expliqué M. Mahecic.
-0- PANA MA/JSG/SOC 25août2018

25 août 2018 10:41:19




xhtml CSS