L'échec des négociations entre la CEDEAO et le CNRDRE à la une de la presse malienne

Bamako, Mali (PANA) - La presse malienne s’est appesantie mardi sur l’échec constatée le week-end dernier dans les négociations entre le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDRE)  et les émissaires de la CEDEAO sur l’avenir politique du Mali à quelques jours de la fin du pouvoir intérimaire de 40 jours assuré par le président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré.

Le quotidien national «L’Essor» barre sa une avec une photo présentant le président par intérim, Dioncounda Traoré, tombant dans les bras du ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibril Bassolé, en présence du ministre ivoirien de l’Intégration africaine, Adama Bictogo.

Cette image conviviale cache mal l’impression d’insatisfaction qui s’est dégagée de l’entretien à huis-clos d’une demi-heure entre les émissaires de la CEDEAO et le président par intérim avant leur retour au Burkina-Faso.

«Pas d’accord pour le moment» écrit «L’Essor» pour indiquer que les émissaires de la CEDEAO n’ont pas pu parvenir à un accord avec les différents acteurs sur la gestion de la transition.

Le journal rapporte qu’avant de quitter la capitale malienne, le ministre ivoirien avait déclaré qu’à leur entendement, selon la constitution malienne, à partir du moment où après les 40 jours d’intérim on ne pourra pas tenir les élections, c’est l’actuel président intérimaire qui devrait poursuivre la tâche, précisant que la junte militaire «n’est pas d’accord».

Toutefois, le médiateur de la CEDEAO, le président burkinabè Blaise Compaoré, pourrait présenter dans les jours à venir un plan global de sortie de crise qui aurait comme premier objectif que tous ensemble, les mouvements armés, les autorités de la transition, la CEDEAO se mettent d’accord sur les modalités de l’unification du territoire national, de faire en sorte que l’administration se redéploie partout pour soulager les populations dans leur détresse.

Pour le quotidien privé «L’Indépendant», l’échec des pourparlers de cinq jours entre les émissaires de la CEDEAO et le CNRDRE (junte militaire) autour de la durée de la transition et de la personne qui doit la présider, place les militaires devant un dilemme : accepter une transition sans eux et retourner dans les casernes pour préparer la reconquête des deux tiers du territoire national passés sous le contrôle des rebelles et des terroristes islamiques ou opérer un second coup d’Etat pour reprendre tous les atouts en main.

Le pire, écrit «L’Indépendant» c’est que le Mali dans l’état d’isolement et de bannissement dans lequel il se trouverait, n’aurait pas les ressources nécessaires pour se procurer la logistique dont son armée a besoin pour espérer reconquérir les territoires perdus au nord, en faisant remarquer que «quand on aime son pays et qu’on espère au bonheur de ses concitoyens, comme le capitaine Sanogo s’évertue à le faire croire à travers les interviews télévisées qu’il multiplie ces derniers temps, on se garde de les entraîner vers une catastrophe».

«Alors mon capitaine, laissez la politique aux civils et allez vous occuper de libérer votre pays. C’est le métier que vous avez choisi», souligne «L’Indépendant».

De son côté, «Le Républicain» estime que «l’accord-cadre, en maintenant la junte sur la scène politique, entérinait et légitimait le coup d’Etat», alors que le bi-hebdomadaire «L’Aube» fait part d’une forte pression sur la junte à cause de son entêtement de céder le pouvoir aux civils de la part de la communauté internationale qui se mobilise et appelle les membres du CNRDRE et leur président à obtempérer sous peine de nouvelles sanctions.

«Le constat est là : il y a échec des négociations. Quelles alternatives ?» s’interroge «Les Echos», un autre quotidien privé.

A ce jour, relève «Les Echos», il ne se dégage aucun leader, aucune initiative fédérant les parties et partagée par la majorité.

«Tout se passe comme si on va attendre, passif, le délai des 40 jours qui prend fin le 22 mai, pour décider ou pour voir quelle orientation donner à la vie politique», écrit le journal.
-0-  PANA GT/AAS/SOC 15mai2012

15 mai 2012 15:55:26




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