L'autonomisation de la femme reste entière au Mali

Bamako, Mali (PANA) - En Afrique, la problématique de la promotion du Genre et l’autonomisation de la femme reste entière. Le Mali ne fait pas l’exception à la règle. Cela malgré, les nombreux accords et conventions signés et ratifiés à cet effet. Les contraintes sont liées aux pesanteurs socio-culturelles.

Face à ce problème, le Mali a célébré l’édition 2015 de la Journée internationale de la femme sous le thème: «Croissance économique et autonomisation des femmes, engagement inclusif pour un Mali sécurisé, stable et émergent». Il pose encore une fois l’épineuse problématique de l’égalité du sexe et l’autonomisation de la Malienne.

Conscient que l’égalité de Genre, l’autonomisation des femmes, la pleine jouissance de leurs droits humains et l’éradication de la pauvreté sont essentiels pour assurer la croissance économique, la stabilité et la sécurité d’un pays, le Conseil des administrateurs du Groupe de la Banque mondiale a approuvé un financement de 170,2 millions de dollars visant à améliorer l’accès des femmes et des adolescentes aux services de Santé reproductive, maternelle et infantile dans cinq pays de la région du Sahel et de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Intitulé Sahel Women’s Empowerment and Demographic Dividend Project (Projet relatif à l’autonomisation des femmes et au dividende démographique au Sahel), l’initiative  permettra de promouvoir dans la région, les connaissances et les données sur les programmes de développement qui ont fait leurs preuves dans le domaine de la condition féminine.
  
L’approbation du financement intervient un an après la visite conjointe au Sahel du président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim et du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. La Banque mondiale s’était alors engagée à débloquer 1,5 milliard de dollars pour financer les priorités de la région en matière de développement, tels que la mise en place de dispositifs de protection sociale pour aider les familles à résister aux pires effets des fléaux économiques et naturels, le développement des infrastructures et la création d’opportunités économiques pour les familles vivant en milieux rural.

De multiples obstacles entravent le développement de la région du Sahel: une croissance insuffisante et des opportunités économiques limitées, la rigueur du climat, des taux de fécondité élevés et la mortalité maternelle et infantile la plus élevée au monde.

Le tout nouveau projet vise à accroître l’offre de services de santé génésique dans l’ensemble de la sous-région et à les rendre financièrement plus abordables. Le projet prévoit également de renforcer les centres de formation destinés aux sages-femmes travaillant en milieu rural, d’améliorer les services de soins infirmiers et de promouvoir l’échange de connaissances sur les initiatives en faveur des adolescentes.

«La forte fécondité, la démographie galopante et les lacunes des services de santé empêchent les pays du Sahel de tirer profit d’un dividende démographique qui pourrait leur apporter une plus grande prospérité», commente le chef d’équipe du projet, Christophe Lemière, pour qui le projet privilégie une approche pluri-sectorielle de l’autonomisation des femmes et des filles et de leur accès aux services de santé. Ce qui, de son avis, est très importante. Il reste convaincu que cela aidera à éliminer les obstacles à l’autonomisation des femmes et des filles dans la sous-région et permettra de donner à celles-ci, les outils dont elles ont besoin pour se forger leur propre avenir.  

L’autonomisation des femmes et des filles consiste à aider la population féminine à poursuivre son éducation, à approfondir ses connaissances en matière de nutrition et de santé génésique, maternelle, néonatale et infantile et à faire participer un plus grand nombre de jeunes femmes  aux programmes de préparation à la vie quotidienne.

L’ensemble de ces mesures peut faire baisser les taux de fécondité et freiner la pratique du mariage des enfants. Des facteurs qui empêchent les femmes de prospérer et de participer pleinement à l’activité économique. En outre, ces interventions permettront de stimuler la demande et l’accès des femmes aux services de Planning familial.

Financé par l’IDA (le fonds du Groupe de la Banque mondiale dédié aux plus pauvres), le nouveau programme sera étroitement coordonné avec le Fonds des Nations unies pour la population, la Fondation Bill et Melinda Gates et d’autres partenaires de développement. Il renforcera l’Organisation ouest-africaine de la santé, c’est-à-dire le service chargé des questions de santé au sein de la CEDEAO, regroupement régional de quinze pays d’Afrique de l’Ouest qui a pour mission de promouvoir l’intégration économique dans la région.

Les 170,2 millions de dollars alloués au programme de la Banque mondiale seront répartis de la façon suivante: un crédit de 20 millions de dollars et un don de 10 millions de dollars en faveur de la Côte d’Ivoire; un crédit de 40 millions de dollars pour le Mali; un crédit de 53,5 millions de dollars au profit du Niger; un don de 26,7 millions de dollars au Tchad; un don de 15 millions de dollars à la Mauritanie et un don de 5 millions de dollars à la CEDEAO.

«Nous savons que pour éliminer la pauvreté en Afrique et accroître la prospérité au profit des familles, il faut notamment améliorer l’accès des femmes aux services de santé et éduquer les adolescentes», avait déclaré Makhtar Diop, vice-président pour la Région Afrique à la Banque mondiale, lors d’une rencontre à Bamako.

«Il est impératif d’atteindre ces objectifs dans les pays du Sahel, où les taux de natalité sont parmi les plus élevés au monde. L’amélioration de l’accès aux services de santé maternelle et infantile, ainsi qu’aux services de Planning familial, permettra de créer des perspectives économiques pour les femmes et filles de la région.

Au ministère malien de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, l’espoir renaît grâce à ce projet. En effet, ce financement en faveur de l’autonomisation de la femme permettra de mettre en œuvre la politique nationale Genre que le gouvernement a élaboré.

Classée en trois chapitres, la PNG-Mali est un outil politique et juridique qui permet l’égalité d’accès et la pleine jouissance des droits fondamentaux pour les femmes et pour les hommes. Elle a une vision, des principes, ainsi que des orientations.  

Par cette politique nationale Genre, explique le ministre de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Sangaré Oumou Ba, le Mali entend concrétiser ses engagements nationaux, internationaux et africains au regard de l’édification d’une société démocratique et d’un Etat de droit dans lequel l’égalité entre les femmes et les hommes constitue une valeur fondamentale.

Ainsi, la PNG-Mali, "constitue la feuille de route qu’entend suivre notre pays pour relever son niveau de développement humain et économique. Elle offre un cadre conceptuel et opérationnel qui permettra d’assurer une cohérence, une harmonisation et un meilleur impact des actions reliées à l’égalité entre les femmes et les hommes à travers les réformes nationales et les politiques sectorielles".

Il est à noter que la PNG-Mali prend appui sur un ensemble de fondements d’ordre juridique, politique et socio-culturel. Et, le ministre malien en charge de la Femme reste convaincu que ce nouveau financement de la Banque mondiale en faveur des femmes et des adolescentes du pays, permettra d’accroître l’autonomisation des femmes. Car, indique-t-elle, cela vise d’une part une condition indispensable à l’instauration d’un développement durable et à l’atteinte d’une croissance économique accélérée. Et d’autre part, à promouvoir leurs droits sociaux, économiques et politiques.
-0- PANA GT/IS/IBA 12mai2015







12 Maio 2015 15:25:29




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