L’attaque-suicide contre le siège de la Commission électorale libyenne revendiquée par Daech

Tripoli, Libye (PANA) - Le bilan de l’attentat-suicide qui a ciblé mercredi matin le siège de la Haute Commission libyenne est passé de 07 à 14 morts, a indiqué le ministère de l’Intérieur,  tandis que l’organisation Daech a revendiqué l’attaque.

Dans une conférence de presse à Tripoli, le ministre de l’Intérieur, Abdessalem Achour, a précisé que les victimes sont réparties entre policiers assurant la sécurité des bâtiments et les membres de la HNEC.

L’organisation Daech a revendiqué l’attentat meurtrier, affirmant via un communiqué sur les réseaux sociaux que des éléments ont conduit une attaque pour détruire un lieu de «mécréants».

Le Conseil présidentiel du gouvernement d’union nationale a violemment condamné cette attaque qualifiée de «terroriste», soulignant que «cela ne dissuadera pas le gouvernement de soutenir la Commission électorale pour mener à bien sa mission».

Cette attaque a soulevé un tollé au niveau international et a été unanimement condamnée aussi bien par la Mission d’Appui des Nations Unies en Libye (UNSMIL) qui a demandé à ce que les auteurs soient poursuivis et châtiés que par les chancelleries représentées dans le pays.

Ainsi, les ambassades des Etats-Unis, d’Italie et de Grande Bretagne ont dénoncé une attaque terroriste, réitérant leur soutien à la Libye et au Conseil présidentiel, ainsi qu’au processus politique dans le pays.

«Quatre assaillants armés dont deux kamikazes ont attaqué ce mercredi le siège de la Commission électorale», a indiqué une source de la direction de la sûreté à Tripoli.

Le bruit d’une forte explosion suivie d’une colonne de fumée a été aperçue au-dessus du siège de la HNEC au quartier de Hay Al Andlous, une cité résidentielle abritant les domiciles de diplomates et de hautes personnalités libyennes.

Daech avait mené en 2013, 2014 et 2015 des attentats dans la capitale libyenne, Tripoli, ciblant aussi bien des hôtels que des sièges d’ambassade ou des casernes de police.

Chassée fin 2016 de son bastion de Syrte, l’organisation Daech a régulièrement fait des apparitions en menant des actions spectaculaires dans plusieurs villes libyennes, notamment à Misrata (220 km à l'Est de Tripoli) lors de l’attaque contre un tribunal et des postes de sécurité à Ajdabia.

Cette attaque survient alors que la HNEC vient de parachever le processus d’inscription sur les listes électorales en prélude à des élections générales prévues cet été, conformément au plan d’action de l’ONU.

Selon ces mêmes analystes, l’attaque de Daech vise à perturber le processus électoral vers lequel s’orientent tous les protagonistes comme solution pour sortir de la crise en dotant le pays d’une nouvelle légitimité.

Toutefois, des voix dissonantes ont commencé à se manifester dernièrement, notamment celle du maréchal Khalifa Hafter, l’homme fort de l’Est qui a mis en doute après son retour d’une hospitalisation à Paris, en France, le bien-fondé des élections, privilégiant implicitement le langage des armes pour en découdre avec ses opposants.

Le président du Parlement, Aguila Saleh, favorable à ces élections, a proposé qu’elles soient limitées à l’élection d’un président pour le pays chargé d’organiser une transition pour parachever le processus démocratique.
-0- PANA BY/IS/SOC 02mai2018

02 mai 2018 17:42:48




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