L’assassinat de la journaliste française en Centrafrique dans la presse française

Paris, France (PANA) – L’assassinat de Camille Lepage, journaliste française, tuée en Centrafrique alors qu’elle effectuait un reportage est diversement traité par les différents quotidiens français.

«Centrafrique: la photojournaliste Camille Lepage victime d'une embuscade», titre "Le Monde" qui souligne que cette mort survient six mois après l’assassinat de deux reporters de RFI au Mali.

«La dépouille mortelle de Mme Lepage a été trouvée lors d'une patrouille de la force "Sangaris", à l'occasion d'un contrôle effectué sur un véhicule conduit par des éléments anti-balaka, dans la région de Bouar», dans l'Ouest du pays, près de la frontière avec le Cameroun", écrit le journal en reprenant un communiqué de la présidence de la République française.

Kévin Kpesio, un responsable anti-balaka de la région de Bouar, joint par "Le Monde", assure que la journaliste, qui était intégrée à une patrouille de miliciens, est tombée dans une embuscade tendue, dimanche, sur une piste de brousse par un groupe d'hommes armés.

«Ce sont des ex-séléka, des braconniers soudanais et des Peuls qui connaissent la région, qui ont commis cette attaque avant de s'enfuir. Ils mènent depuis deux à trois semaines des enlèvements dans la zone. On les appelle “Anagamba”», a déclaré le responsable anti-balaka dans les colonnes du quotidien.

« Camille Lepage: une photographe «qui savait voir les gens», indique "Le Figaro" dans son article lequel dresse le portrait de la journaliste la présentant comme possédant «un grand talent, un grand courage, une grande énergie et une grande joie de vivre».

«Elle avait un grand appétit pour le métier de photo-reporter qu'elle avait choisi et un très grand sourire qui lui plissait les yeux. Ceux qui se fient aux apparences s'étonnaient de croiser dans Bangui, cette jeune fille toute mignonne en tee-shirt rayé et en baskets, avec son appareil photo autour du cou, l'air d'une étudiante débarquée en auto-stop», détaille "Le Figaro".

Le journal souligne que Camille Lepage avait fait son entrée, il y a à peine deux ans dans l'univers exigeant des photo-reporters et qu’elle avait choisi la branche la plus difficile du métier, celle qui ne s'apprend pas dans les écoles, celle du reportage de guerre.

«Dans ce milieu, il importe peu qu'on soit jeune ou vieux, un homme ou une femme. Camille avait tout de suite trouvé sa place. Elle s'était fait un nom en quelques mois. Ses photos avaient été publiées dans le monde entier. La maturité de son travail laissait présager une grande carrière», indique "Le Figaro".

«La photojournaliste française Camille Lepage a été tuée en Centrafrique», titre sobrement "L’Humanité" qui indique que Camille Lepage avait effectué plusieurs reportages en Afrique, notamment au Sud-Soudan en 2012. Camille Lepage avait reçu le prix "Coup de coeur" de l'Association Nationale des Photographes lors de l'édition 2013 du festival Visa pour l'Image dont l'édition 2014 était présentée à Perpignan.

«Le chef de l'Etat a demandé l'envoi immédiat sur le site du drame d'une équipe française et de la Police de la force africaine déployée en RCA et assure que "tous les moyens nécessaires seront mis en œuvre pour faire la lumière sur les circonstances de cet assassinat et retrouver les meurtriers de notre compatriote", souligne le quotidien.

Toujours dans les colonnes de "L’Humanitéé, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré que: "il ne saurait y avoir d'impunité pour ceux qui, à travers les journalistes, s'en prennent à la liberté fondamentale d'informer et d'être informé".

Par ailleurs, dans un autre article du journal "Le Monde", une version corroborée par une source de la Gendarmerie de Bouar, citée par l'AFP qui a affirmé que «l'embuscade a eu lieu à Gallo, un village situé sur l'axe Bouar-Garoua-Boulaï [Cameroun]. Il y a eu des affrontements qui ont duré plus d'une demi-heure et ont fait au moins dix morts, dont quatre anti-balaka, six ex-séléka et Peuls armés».

Un diplomate français avance, lui, avec beaucoup de précautions qu'il est fort possible que ce soit un groupe de Peuls armés qui ait mené l'assaut, écrit "Le Monde", tout en relevant qu’une source militaire française estime, quant à elle, que la plus forte probabilité est que Camille Lepage ait été victime d'un affrontement entre anti-balaka. «Il y a encore beaucoup de questions sans réponse», reconnaît une source occidentale à Bangui.

«Une enquête préliminaire pour «assassinat», ouverte par le Parquet de Paris, a été confiée à l'Office central pour la répression des violences aux personnes de la Police judiciaire», conclut le quotidien.
-0- PANA BM/IS/IBA  18mai2014

18 mai 2014 19:25:48




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