L'assassinat de deux dignitaires d'une tribu libyenne et la poursuite des combats à Sabratha en Une de la presse

Tripoli, Libye (PANA) - L'assassinat de deux notables d'une importante tribu libyenne, les violents affrontements armés qui secoue la ville de Sabratha opposant deux groupes rivaux et l'espoir qui renaît depuis la Tunisie où se rencontrent des négociateurs libyens du Parlement et du Haut Conseil de l'Etat pour trouver une solution politique à la crise dans le pays, sont les trois sujets qui ont dominé les préoccupation de la presse libyenne cette semaine.

Afrigtenews s'est intéressé à l'assassinat de deux dignitaires de la tribu Warfalla, l'une des plus  influentes en Libye de part de son poids démographique et politique, un acte qui risque d'embrasser toute la région de l'Ouest en proie à de récurrents conflits inter-tribaux souvent meurtriers entraînant une série de vendetta.

Pour ce journal électronique, "le comble de l'ironie" c'est que les deux dignitaires tués revenaient d'une mission de médiation pour régler un différend entre les tribus Aouiniya et Mizda et al-Khilafiya dans l'ouest du pays lorsqu'ils ont été assassinés "froidement par balles".

Afrigatenews a indiqué qu'au départ, la version de l'accident de voiture qui transportait les deux victimes et les membres de la délégation qui les accompagnaient, a été largement relayée, avant qu'il ne se précise que le véhicule qui les transportait s'est renversé en raison de la rafale de balles tirée contre l'arrière du véhicule et dont certaines ont atteint les deux notables les tuant sur-le-champ.  

Soulevant les conséquences de cet assassinat, le journal a écrit que la région déjà ébranlée par l'insécurité, résultat de la prolifération des armes depuis la révolution du 17 février qui a entraîné la chute de l'ancien régime auquel il faut majorer le traditionnel climat électrique entre les tribus, servira d'étincelle et pourrait raviver les hostilités.

Toutefois, les auteurs de l'assassinat n'ont pas été identifiés. Et le mobile de leur acte n'est pas connu, a précisé le journal qui a indiqué que la tribu Warfalla ne sait pas s'il s'agit d'un acte d'hostilité d'une autre tribu ou une attaque menée par des hors-la loi qui écument la région.

L'assassinat a été largement condamné en Libye. Il a suscité de l'émoi au moment où le pays cherche à trouver une solution pour sortir du cercle de la violence avec l'aide des Nations unies et l'appui de la Communauté internationale.

Cet assassinat a été précédé par de violents affrontements à Sabratha, extrême-ouest de la Libye, opposant des groupes armés rivaux.

Dans sa couverture de ces événements, le journal al-Wassat s'est fait l'écho d'une analyse publiée par le journal français Le Monde qui a écrit que les combats qui ont lieu dans la ville de Sabratha depuis plus de deux semaines sont de nature "à renverser l'équation politique en Libye", alors que les cycles de révision de l'Accord politique ont été lancés, dans la capitale tunisienne, Tunis, selon les mécanismes de l'article 12 de l'Accord politique sous la supervision du représentant spécial du secrétaire général pour les Nations unies, Ghassan Salamé.

Dans une longue analyse, le journal français a parlé du rôle de Sabratha en tant que point de départ de l'immigration clandestine vers l'Europe avant que l'Italie ne conclut une transaction avec les chefs des milices à l'intérieur, notamment une milice appelée, Ahmed al-Dabbcshi ou "al-Amou", qui a entraîné récemment une réduction drastique du nombre de migrants en Italie.

Le journal cite une source locale en disant que "la situation s'est effondrée de manière spectaculaire dans la ville, tandis que la moitié de sa population a fui vers les banlieues, vu que les affrontements ont tué au moins 40 personnes à ce jour". Selon le journal, en plus de l'immigration clandestine de Sabratha vers l'Europe, ce qui se passe dans la ville révèle d'autres motivations dont la plus importante est l'exploitation par le maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort à Berga (Cyrénaïque) de ces développements pour prendre pied dans l'ouest de la Libye où sa présence reste limitée dans la région".

Le Monde a indiqué que les milices dans l'ouest de la Libye ont accepté la réalité de la coexistence avec le gouvernement d'union nationale dirigé par Fayez al-Sarraj, soulignant que le refus de Haftar de cette réalité n'a pas trouvé une résonance dans l'ouest du pays, mais que ce qui se passe maintenant va renverser l'équation.

Le même journal a indiqué que "Haftar semble être plus intelligent et rusé que al-Sarraj en  exploitant les salafistes al-Madkhiline. Le quotidien a affirmé que Haftar "a annoncé le soutien de l'Armée nationale libyenne pour la Brigade d'al-Wadi (salafiste), ce qui renverse l'équation politique et militaire à l'ouest de la région de Tripoli et explique la prolongation des combats".

Al-Wassat a rappelé que l'étincelle des affrontements à Sabratha a été provoquée le 17 septembre lorsqu'une voiture du bataillon 48 de l'état-major général de l'armée a essuyé une rafale tirée par un poste de sécurité relevant de la salle des opérations de lutte contre Daech pour ne s'être pas arrêtée, ce qui a conduit à la mort d'une personne et la blessure d'une autre, enclenchant les affrontements au centre-ville entre les deux parties auxquelles se sont jointes d'autres parties, notamment des groupes armés et des milices spécialisées dans la traite des êtres humains.

Pour ailleurs, le journal al-Marsad s'est fait l'écho des pourparlers inter-libyens à Tunis regroupant le Comité mixte composé de délégués du Parlement et du Haut Conseil d'Etat pour réviser, sous la supervision de la Mission d'Appui des Nations en Libye (Unsmil), l'Accord politique libyen.

al-Marsad a rapporté l'ambiance positive qui a prévalu lors des discussions, affirmant que les délégués ont convenu de la nouvelle structure du Conseil présidentiel qui sera composée d'un président et de deux vice-présidents au lieu de six, et la séparation entre le Conseil présidentiel et le poste du Premier ministre.
-0-PANA BY/BEH 01oct2017

01 octobre 2017 12:05:10




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