L’artiste ghanéen Eric Anang expose ses cercueils de fantaisie à Dakar

Dakar, Sénégal (PANA) – Le sculpteur ghanéen Eric Adjetey Anang expose à partir de ce jeudi ses cercueils de fantaisie à Dakar, au Sénégal, dans la cadre du 3ème Festival mondial des arts nègres.

Dans un entretien accordé à la PANA, cet artiste de 30 ans, représentant les designers du Ghana à ce festival, s’est présenté comme étant un «messager des cercueils de fantaisie».

Il met ainsi en exergue la part des traditions africaines en cette période d’évolution des arts et cultures noires.

Selon M. Anang, héritier d’une famille d’artisans établis dans la banlieue d’Accra, au Ghana, «l’utilisation de ces cercueils lors des funérailles en pays Ga, ethnie prédominante de la région de la capitale, s’est généralisée dès le début des années 1960, devenant ainsi une véritable tradition. Mais c’est à partir de 1989 que les cercueils de Kane Kwei ont véritablement accédé à une reconnaissance internationale, en tant qu’œuvres d’art éphémères et emblématique de la création contemporaine en Afrique».

L’artiste qui, au fil des ans, s’est imposé comme l’un des plus talentueux dans un domaine de l’art du design que l’on peut exclusivement identifier au continent, ne s’est pas seulement contenté de reprendre en main l’atelier Kane Kwei, créé par son grand-père.

Charpentier-menuisier de profession, son grand-père, Seth Kane Kwei (1922-1992), qui a été le premier artiste à rendre célèbres ses cercueils figuratifs à l’étranger, est considéré «comme l’inventeur, au début des années 1950, des design coffins ou fantasy coffins» (cercueils de fantaisie).

Partant de cette tradition ancestrale, Eric Anang s’attelle, depuis 2005, à dynamiser la créativité de l’atelier par l’introduction de nouveaux modèles, dont des meubles réalisés dans le même esprit et avec les mêmes techniques que les cercueils.

En quelques années, il est devenu l’un des artistes créateurs de cercueils de fantaisie les plus connus du Ghana, si bien ses œuvres sont présentes dans les grandes collections en Europe, aux Etats-Unis et au Canada.

Par exemple, en 2009, Eric Anang et ses œuvres sont les vedettes d’un clip promotionnel pour une boisson énergétique lancée en Espagne, avant de participer à un projet dénommé «Boulevard Amandla» à Anvers, en Belgique et d’organiser une résidence pour l’artiste enseignant Michael Desforest, dans le cadre d’une collaboration avec l’Oregon College of Art & Craft de Portland, aux Etats-Unis.

Avec le photographe français Guy Hersant, il a participé, en janvier, au projet artistique intitulé: «Please do not move!», au Ghana.

D’après les critiques, Eric Anang qui se présente comme «un très jeune artiste qui a encore beaucoup à apprendre, est «modèle pour la jeunesse urbaine africaine».

Saluant l’idée qui a consisté à organiser le Festival mondial des arts nègres, l’artiste a estimé que c’était là, pour lui, «une grande occasion de se faire connaître à travers ses œuvres».

L’atelier Kane Kwei utilise des bois légers comme le wawa (bois blanc) ou l’emien pour les cercueils destinés à des funérailles, alors que les modèles exportés en tant qu’œuvres d’art sont réalisés à partir d’essences plus nobles et plus chères, à savoir, le limba ou l’acajou d’Afrique.

-0- PANA SIL/TBM 23déc2010

23 ديسمبر 2010 20:45:28




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