L'armée ivoirienne assurera la sécurité des manifestants du 24 avril

Abidjan- Côte d'Ivoire (PANA) -- L'état-major des forces armées et de sécurité ivoiriennes a indiqué ce vendredi, qu'il assurerait la sécurité des manifestations prévues samedi à Abidjan, tout en soulignant les "risques potentiels" de débordement de tels rassemblements populaires, a appris la PANA, de source officielle.
Dans une déclaration lue à la télévision nationale en début d'après- midi, le porte-parole de l'état-major le lieutenant-colonel Jules Yao Yao, ne nie pas la légalité des manifestations projetées samedi dans la capitale économique ivoirienne, d'une part par les "pro-Marcoussistes" et d'autre part, par les jeunes patriotes, pro-Gbagbo.
Cependant, il a tenu à faire des précisions sur le dispositif d'encadrement que l'armée envisage de mettre en place, "afin d'éviter tout débordement et de dissiper tout malentendu".
"Les manifestations populaires, expression de la démocratie, sont garanties par les lois de la république et les forces de défense et de sécurité ont le devoir de les encadrer", a-t-il assuré.
"Toute manifestation populaire, quelle que soit sa nature, est porteuse de risques potentiels.
Pour prévenir de tels risques, les forces de défense et de sécurité procèdent à l'évaluation de ceux-ci et planifient un dispositif sécuritaire qui s'adapte le mieux à l'hypothèse retenue", a-t-il précisé.
Jules Yao Yao a ajouté, que "cette planification et les opérations qu'elle pourrait entraîner, sont de la responsabilité de la police et de la gendarmerie nationales".
Il a toutefois mis en garde Jules Yao Yao, lançant au nom des forces de défense et de sécurité, "un appel pressant afin que les manifestations projetées se déroulent effectivement aux endroits prévus, dans le plus grand calme, la discipline et la sérénité".
Redoutant que ces deux manifestations ne dégénèrent en de violents affrontements, le porte-parole de l'Etat major a attiré l'attention de la population sur "un dispositif militaire minimum dit de vigilance" qui continue d'être maintenu par les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire "pour faire face aux velléités d'attaques qui pourraient être perpétrées par les individus ne se reconnaissant pas dans les différents accords de paix qui régulent la vie politique du pays".
Cependant, "en plus de l'encadrement des manifestants par les forces régulières ivoiriennes de police et de gendarmerie, appuyées des forces impartiales, ONUCI (Casques bleus de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire) et Licorne (opération militaire française), "les armées renforceront le dispositif de défense de la ville d'Abidjan", a assuré le lieutenant-colonel Yao Yao.
Selon lui, ce renforcement se traduira principalement, par le maintien en caserne, d'unités de réaction, par des survols d'aéronefs "à des fins de recueil du renseignement, de veille, d'alerte et d'évacuations sanitaires".
Tous ces dispositifs visant "l'intérêt de la Côte d'Ivoire et des populations qui y vivent", le Lieutenant-colonel Jules Yao Yao a lancé "un appel pressant, afin que les manifestations projetées, se déroulent effectivement aux endroits prévus, dans le plus grand calme, la discipline et la sérénité".
On rappelle qu'en accord avec le gouvernement, sept mouvements d'opposition ont appelé, le samedi 24 avril, à une prière oecuménique en hommage aux victimes des violences meurtrières déclenchées le 25 mars, à l'issue de la répression de leur "marche pacifique" par les forces de l'ordre.
Le rassemblement est prévu au Parc des sports, à Treichville, un quartier populaire d'Abidjan.
D'un autre côté, à quelques centaines de mètres de là, les "jeunes patriotes" et autres partisans du président ivoirien Laurent Gbagbo, ont appelé à "un giga meeting" avec comme mot d'ordre officiel, "exiger des Casques bleus de l'ONU, le désarment sans délai des ex-rebelles" qui occupent depuis le 19 septembre 2002, la moitié Nord du pays.

23 avril 2004 19:40:00




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