L'affaire du financement libyen de Sarkozy, l'unification de l'armée et le rapport de l'Emissaire de l'ONU à la Une des journaux

Tripoli, Libye (PANA) - L'affaire du financement libyen octroyé par le régime du défunt guide libyen Mouammar Kadhafi à la campagne électorale de 2007 de l'ancien président français Nicolas Sarkozy a fait les choux gras des journaux libyens qui ont également accordé une large couverture aux réunions d'officiers de l'armée au Caire, en Egypte, en vue d'unifier l'armée libyenne.

La presse libyenne essentiellement électronique en raison de l'insécurité qui règne dans le pays, s'est également intéressée au rapport présenté devant le Conseil de sécurité de l'ONU par le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU et chef de la Mission d'Appui des Nations unies en Libye (UNSMIL), Ghassan Salamé, sur la situation dans le pays par vidéoconférence depuis Tripoli.

Le journal "al-Wassat" a écrit dans un article sous le titre "Le fantôme de Kadhafi poursuit Sarkozy" que ce n'est pas la première fois que la Police française enquête sur l'ancien président Nicolas Sarkozy, car en 2012, elle avait perquisitionné ses bureaux à Paris dans le cadre d'une enquête sur les allégations selon lesquelles il était soupçonné de financement de sa campagne présidentielle en 2007, illégalement par Liliane Bettencourt, société de cosmétiques "L'Oréal" et a été représenté au Palais de Justice à Bordeaux avant d'avoir un non lieu dans l'affaire.

Mais, selon le journal, l'enquête avec cette fois-ci et son arrestation en détention provisoire pendant 26 heures et sa soumission deux jours durant à des interrogatoires, accusé d'avoir reçu de l'argent de Kadhafi pour financer sa campagne présidentielle qui l'a amené à l'Elysée en 2007, semble plus dangereuse pour l'avenir politique de Sarkozy, surtout après qu'un homme d'affaire français d'origine libanaise, Ziad Tiakeddine a déclaré en novembre 2016 au site "Mediapart" qu'il a livré entre 2006 et 2007, trois valises remplies d'argent liquide de billets de type de 200 et 500 euros à Sarkozy et son directeur de Cabinet Claude Géant. Tiakeddine a affirmé que ces fonds proviennent de Kadhafi et ont totalisé 5 millions d'euros.

"Al-Wassat" a rapporté la réaction de l'ancien président français Nicolas Sarkozy après avoir été libéré et inculpé pour "recel et corruption passive" en lançant une attaque violente contre certaines parties, jurant "d'écraser" ceux qui l'ont accusé, y compris ceux qu'il a décrits comme "le gang Kadhafi".

Selon le journal hebdomadaire paraissant au Caire en Egypte, cette réaction intervient alors que Sarkozy a décidé de faire appel contre son inculpation et l'interdiction de rencontrer ses alliés ou avec ceux qui sont accusés dans cette affaire ou de voyage vers des pays tels que la Libye jusqu'au parachèvement de l'enquête judiciaire sur les allégations selon lesquelles Mouammar Kadhafi a financé sa campagne électorale en 2007.

Pour sa part, le journal Afrigatenews s'est fait l'écho de la présentation du rapport de l'Emissaire des Nations unies, Ghassan Salamé devant le Conseil de sécurité dans lequel il a estimé qu'"il y avait peu de chances" de réaliser des amendements à l'Accord politique qu'il cherche depuis septembre 2017 à parachever dans le cadre des étapes du Plan d'action pour la Libye.

Le journal électronique a affirmé que lors de son briefing au Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation en Libye, M. Salamé a, toutefois indiqué que le plan d'action ne dépend pas de ces amendements, soulignant que "le processus politique en Libye doit progresser et le statu quo ne peut être maintenu".

"Travailler pour des élections libres et justes avant la fin de cette année est une priorité pour les Nations Unies. Il est très important avant ces élections de s'assurer qu'elles seront complètes et que leurs résultats seront acceptés par tous", a-t-il souligné cité par Afrigatenews.

De son côté, le journal "al-Marsad" s'est intéressé aux recommandations de la réunion des officiers militaires libyen pour l'unification de l'armée, précisant qu'à l'issue de leur rencontre de trois jours ils ont décidé, d'unifier l'armée libyenne sur "des fondations professionnelles pures, de manière à la rendre capable de mener à bien son rôle de garant de l'unité et d'un Etat civil en Libye pour étendre sa souveraineté sur l'ensemble du territoire national, protéger ses ressources et ses richesses, étant donné qu'elles sont les propriétés du peuple libyen".

Les délégations de l'armée libyenne, avec la participation des chefs d'état-major, se sont rencontrées dans le cadre du sixième round au Caire, le 20 mars, pour unifier l'armée libyenne a rappelé le journal, soulignant que les officiers se sont fixés comme objectif "de la rendre capable de traiter positivement et efficacement les défis rencontrés par l'Etat libyen, maintenant et dans l'avenir, à la lumière des risques existants".

"Al-Marsad" a indiqué que les participants à la rencontre ont souligné à nouveau les constantes nationales établies pour l'armée de la Libye, notamment le maintien de l'unité et la souveraineté de la Libye, le caractère civil de l'Etat et la nécessité d'éloigner l'institution militaire des polarisations politiques et régionales, ce qui aurait un impact négatif sur la performance du rôle professionnel et national de l'armée libyenne.

Une délégation mixte a été formée pour rendre visite dans les régions de l'Est et de l'Ouest pour renforcer le processus de consensus entre les officiers pour parvenir à l'unification de l'armée, a ajouté le journal.
-0-  PANA  BY/TBM/IBA   25mar2018

25 mars 2018 20:04:56




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