L'accès des enfants à l'eau potable dans les zones de conflits est un droit, pas un privilége, selon l'Unicef

New York, États-unis (PANA) - Dans les pays frappés par la violence armée, les déplacements de personnes, les conflits et instabilités politiques, l'eau doit y être une priorité, selon l'Unicef qui avertit que les enfants vivant dans des situations fragiles sont quatre fois plus exposés au manque d'accès à l'eau potable.

"L'accès des enfants à l'eau potable et à l'assainissement, surtout dans les conflits et situations d'urgence, est un droit, pas un privilège", a déclaré Sanjay Wijesekera, le patron du Bureau mondial de l'Unicef en charge de l'eau, de l'hygiène et de l'assainissement, avant de tirer sur la sonnette d'alarme avec l'approche de la Semaine mondiale consacrée à l'eau, sur l'existence de plus de 180 millions d'enfants en privation d'accès à l'eau potable dans les pays déchirés par les conflits.

Dans le Nord-est du Nigeria touché par la famine, en Somalie, au Soudan du Sud et au Yémen, environ 30 millions de personnes, dont 14,6 millions d'enfants, sont en besoin urgent d'eau potable. Plus de cinq millions d'enfants sont estimés mal nourris pour cette année 2017, dont 1,4 million en état de malnutrition aiguë.

Selon l'Unicef, au Yémen, un pays qui souffre des conséquences de plus de deux années de conflit, les réseaux d'approvisionnement en eau qui alimentent les plus grandes villes du pays sont en risque imminent d'effondrement en raison des dégâts causés par la guerre et l'inexistence d'entretien ou réparation du réseau. Presque 15 millions de personnes dans ce pays ont été empêchées d'accéder de manière permanente à l'eau et à l’assainissement.

En ce qui concerne la Syrie où le conflit est à sa septième année, environ 15 millions de personnes sont en besoin d'eau potable, dont 6,4 millions d'enfants. L'eau a été fréquemment utilisée comme arme de guerre : rien qu'en 2016,  30 coupures d'eau délibérées ont été dénombrées dans ce pays du Moyen-Orient, notamment à Aleppe, à Damas, à Hama, Raqqa et Dara, avec des pompes saccagées et des sources d'eau contaminées.

Dans les zones affectées par le conflit au nord-est du Nigeria, 75 pour cent des infrastructures d'eau et d'assainissement ont été endommagées ou détruites, privant ainsi 3,6 millions de personnes des services d'eau de base. L'agence onusienne a ajouté qu'au Soudan du Sud, où les combats font rage depuis trois ans, presque la moitié des points d'eau à travers le pays a été endommagée ou complètement détruite.

"Dans plusieurs cas, les systèmes d'eau et d'assainissement ont fait l'objet d'attaques, de destructions ou laissés en état de délabrement au point de s'affaisser. Quand les enfants sont privés d'eau potable et que les systèmes de santé sont laissés en ruines, la malnutrition et les maladies mortelles telles que le choléra vont inévitablement s'installer", selon M. Wijesekera.

Au Yémen, par exemple, les enfants constituent plus de 53 % de plus d'un million de cas suspects de diarrhée liés à l'eau et de choléra enregistrés jusqu'ici dans le pays. La Somalie souffre de la plus grande épidémie de choléra au cours des cinq dernières années avec 77.000  cas suspects de choléra/et de diarrhée aiguë liée à l'eau, alors que le Soudan du Sud est en train de subir la plus grande épidémie de choléra jamais enregistrée dans le pays, avec 19.000 cas enregistrés depuis le mois de juin 2016, selon l'Unicef.
-0- PANA VAO/BAD/BEH/IBA/SOC 29août 2017







29 août 2017 17:07:36




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