L'UNIFEM évalue le sort des femmes en Somalie et au Rwanda

Nairobi- Kenya (PANA) -- Si les besoins spécifiques des femmes ne sont pas pris en compte, les efforts pour leur réhabilitation après la guerre en Somalie et au Rwanda auront peu de chances d'avoir un véritable impact, soulignent les observateurs.
Les femmes dans ces pays ravagés par la guerre ont besoin d'un soutien immédiat institutionnel et matériel pour reconstruire leurs vies et dans le même temps prendre soin de leurs familles et de la communauté, estiment les mêmes observateurs.
A long terme, il faut renforcer les capacités des femmes par l'éducation afin qu'elles puissent défendre leurs droits et mettre fin à l'assujettissement et à la violence qu'elles subissent en temps de crise.
Telles sont les conclusions auxquelles sont parvenues deux officielles au terme d'une mission d'une semaine destinée à évaluer la situation des femmes et des filles en Somalie et au Rwanda, sous les auspices du Fonds des Nations unies pour la Femme (UNIFEM).
Parlant à des reporters à Nairobi le week-end dernier, Mmes Ellen Johnson-Sirleaf, une ancienne fonctionnaire du PNUD, et Elizabeth Rehn, ancienne ministre de la Défense et de l'Egalité de Finlande, ont déclaré qu'il serait difficile de procéder à des travaux de réhabilitation et de reconstruction dans les deux pays sans la contribution des femmes.
"Déjà les femmes font marcher la plupart des boutiques et des activités nécessaires à la vie.
Elles doivent être renforcées pour faire encore plus", a déclaré Mme Rehn.
"Tout d'abord, elles doivent recevoir un appui pour leur permettre de nourrir leus familles, mais à long terme elles ont besoin d'un renforcement de leurs capacités par l'éducation pour mettre un frein à l'assujettissement et aux abus constants qu'elles endurent, surtout en situation de crise", a ajouté Mme Johnson-Sirleaf.
L'UNICEF, qui déclare que 80% des personnes déplacées par des conflits ou des violations des droits humains sont des femmes, a mandaté en avril dernier Mmes Sirleaf et Rehn pour évaluer la situation des femmes dans le monde, notamment celles se trouvant dans des situations de crise.
L'équipe mène des consultations auprès de femmes et d'autres acteurs en Colombie, au Kosovo, en Bosnie-Herzégovine, au Timor oriental, au Rwanda, en RD Congo,en Sierra-Leone et en Somalie.
Elles ont indiqué que la situation des femmes au Rwanda était particulièrement grave dans un pays où quelque 10.
000 femmes figurent parmi les 120.
000 personnes actuellement détenues en prison en attendant leur procès pour génocide.
"Les femmes ont fait l'objet de mauvais traitements et le viol était couramment utilisé comme arme de guerre, une situation qui a aggravé la pandémie du VIH/SIDA dans le pays", a ajouté Mme Johnson-Sirleaf.
Compte tenu de ce scénario, il était urgent de mener des campagnes de sensibilisation à grande échelle sur la situation des femmes, des filles et des enfants dans les pays en conflit, ont-elles indiqué.

11 septembre 2001 14:59:00




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