L’UNICEF salue la réhabilitation des victimes de grossesses non désirées en milieu scolaire au Burundi

Bujumbura, Burundi (PANA) - Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a salué, mercredi, dans un communiqué, la levée d’une mesure du ministère de l’Education nationale interdisant à "toute fille victime d’une grossesse ou contrainte au mariage étant encore à l’école, de même que le garçon auteur de grossesse, de réintégrer le système éducatif formel public ou privé".

Au Burundi, une moyenne de 2.000 jeunes filles du primaire et du secondaire (12 à 18 ans) contractent une grossesse chaque année, selon des chiffres du ministère de l’Education nationale.

La mesure laissait toutefois la possibilité aux filles-mère et aux garçons auteurs de grossesses de fréquenter l’enseignement des métiers ou de suivre la formation professionnelle, deux débouchées généralement réservées aux naufragés du système éducatif burundais.

La ministre de l’Education nationale, Mme Janvière Ndirahisha, a fait parler d’elle, tout le long de l’année scolaire écoulée, suite à l’imposition d’une série de mesures disciplinaires jugées
"austères", notamment l’interdiction du port de jupes courtes, de maquillage, de vernis d’ongles, de cheveux longs ou tressés ou alors de téléphones portables en milieu scolaire burundais.

L’UNICEF "appuie et félicite la réhabilitation des enfants dans leurs droits à l’éducation et à un avenir meilleur", indique le communiqué.

L’agence spécialisée des Nations unies s’engage à la fin à soutenir "financièrement et matériellement" la mise en application de la mesure.

Les milieux locaux des défenseurs des droits des enfants avaient été les premiers à décrier la mesure de la ministre Ndirahisha.

Face au tollé général, elle décida, fin juillet dernier, de la mise sur pied d’une commission chargée de la réintégration dans le système éducatif des "enfants déscolarisés", y compris les filles-mère et les garçons responsables des grossesses.

La Fédération nationale des associations engagées dans le domaine de l’enfance au Burundi (FENADEB, ONG indépendante) avait été la plus véhémente contre une circulaire qui, "avant tout, pénalise les victimes de grossesse" et viole "dangereusement" les lois et règlements nationaux, les traités et les conventions internationaux auxquels le Burundi est partie.

L’ONG citait, à titre illustratif, l’article 16 de la loi spécifique portant prévention des Violences basées sur le Genre et la protection des victimes au Burundi qui stipule que: "l’école publique ou privée doit prévoir la scolarisation immédiate, dans les sections similaires ou connexes, des élèves victimes de Violences basées sur le Genre et obligées de changer de résidence ou d’école".

L’article 17 de la même loi édicte que: "les responsables des établissements scolaires et académiques doivent prendre toutes les dispositions nécessaires pour prendre en charge les écolières, élèves et étudiantes victimes de Violences basées sur le Genre".

Aux termes de l’article 18, "les directeurs d’école ont l’obligation de faire respecter le droit à l’éducation des mères célibataires et prendre les dispositions qui s’imposent pour protéger contre la stigmatisation et l’exclusion sociale des éducateurs, enseignants, professeurs, ainsi que leurs condisciples".

D’autres statistiques officielles indiquent qu’en général, 11 pc des adolescentes burundaises commencent leur vie procréative à l’âge compris entre 15 et 19 ans, 7 pc ont déjà eu au moins un enfant et 3 pc ont été enceintes d’un premier enfant.

Les facteurs aggravants de ce phénomène social les plus cités sont le manque d’éducation à la sexualité, la difficile communication entre parents et enfants sur un sujet tabou dans la société burundaise, le difficile accès aux méthodes contraceptives ou encore la pauvreté et l’instabilité socio-politique ainsi que la non application de la loi qui se traduit par l’impunité des Violences basées sur le Genre (VBG).
-0- PANA FB/JSG/IBA 08août2018

08 أغسطس 2018 12:23:02




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