L’UNICEF déplore la persistance du mariage des enfants au Bénin

Cotonou, Bénin (PANA) - Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) déplore la persistance du mariage des enfants au Bénin, dans un communiqué publié lors du lancement de la "Campagne Tolérance Zéro au mariage des enfants", activité phare de la célébration cette année de la Journée de l’enfant africain.

"Au Bénin, une fille sur 10 âgée de moins de 15 ans est mariée et trois filles sur 10 le sont avant 18 ans. Quand les enfants sont mariés durant leur enfance, leurs perspectives de mener une vie épanouissante diminuent considérablement, enclenchant un cycle de pauvreté qui se perpétue de génération en génération", déplore ce communiqué dont la PANA a obtenu copie.  

Les filles-épouses sont plus susceptibles d'être déscolarisées et victimes de violences domestiques, d’être contaminées par le VIH/SIDA et de mourir suite à des complications durant la grossesse et l'accouchement. Les enfants de mères adolescentes ont un plus grand risque d’être mort-nés, de décéder juste après la naissance ou d’avoir un poids insuffisant à la naissance, avertit l'UNICEF.  

"Nous devons nous arrêter un moment et essayer de comprendre l’horreur de ce qu’est le mariage d’un enfant. Quand les adultes décident de marier une petite fille de 12 ans, c’est une affaire de vol, de viol et de violence extrême…On lui vole son enfance, ses rêves et son avenir", a dénoncé la Représentante de l'UNICEF au Bénin, Dr. Claudes Kamenga, lors du lancement de la campagne.  

La ministre béninoise du Travail, de la fonction Publique et des affaires sociales, Mme Adidjatou Mathys, pour qui le mariage des enfants est une injustice, a souligné qu’il s’agit d’un "véritable obstacle à l’épanouissement de la future femme et de la future mère que les filles sont censées devenir pour accompagner le développement socio-économique de leur pays".

"Comment pourrions-nous parler de l’atteinte des Objectifs de Développement Durable si des petites filles sont encore mariées à partir de 9 ans?  s’est pour sa part interrogé le Coordonnateur-Résident du Système des Nations unies au Bénin, Siaka Coulibaly.

Il a réitéré l’engagement du Système des Nations unies à œuvrer aux côtés de tous les partenaires techniques et financiers, multi-bilatéraux pour soutenir le gouvernement du Bénin dans la lutte contre ce fléau.
  
Le Bénin, rappelle-t-on, a promulgué en 2015, le Code de l’Enfant qui prévoit des peines allant jusqu’à 10 années d’emprisonnement ferme contre les auteurs de tels abus sur les mineures.
  
Plusieurs dispositions légales béninoises permettent de punir les auteurs d’abus sur les enfants, mais leur application peine à devenir une réalité.
-0- PANA IT/JSG/SOC 17juin2017



17 juin 2017 10:55:33




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