Yaoundé- Cameroun (PANA) -- L'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) déplore, dans un rapport publié fin octobre, les obstacles à l'accession des Camerounaises aux postes de responsabilité et à leur promotion sociale.
Selon ce document de 132 pages dont la PANA a obtenu une copie, les facteurs influant négativement sur la promotion sociale de la Camerounaise sont d'ordre institutionnel, socioculturel, éducatif et culturel, d'une part, juridique et administratif, d'autre part.
"Les femmes camerounaises contribuent dans une multitude de secteurs au développement économique du pays, en tant que productrices de biens et de services.
Leur apport en ce qui concerne la main d'oeuvre reste non négligeable au niveau de l'agriculture, du commerce et dans le secteur informel", constate le rapport.
Cependant, les statistiques disponibles montrent une marginalisation et une sous-représentativité de la femme, tant dans les secteurs et hiérarchies de l'administration publique que dans les professions libérales, selon l'étude, réalisée en partenariat avec le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) et le ministère camerounais de la Condition féminine.
En 2000, les femmes qui représentent quelque 52 % de la population totale du pays ne constituaient que 30,60 % des effectifs de la fonction publique et occupaient 17,1 % des postes de responsabilité, constate le rapport, qui souligne par ailleurs qu'aucune femme n'a, jusqu'à ce jour, été nommée gouverneur de province, préfet, sous-préfet ou chef de district.
Le gouvernement compte trois femmes sur 58 membres et l'Assemblée nationale 16 femmes sur 180 membres.
Les pesanteurs relevées par les enquêteurs concernent également les systèmes politiques des diverses ethnies du Cameroun, considérées comme essentiellement patriarcaux, la construction de ces cultures s'étant opérée dans la perspective de l'homme, la femme étant pour sa part utilisée comme "un objet d'échange entre deux groupes et donc assimilée à un bien".
Il en est de même des dispositions relevées dans le Code civil camerounais qui renforcent ces pratiques discriminatoires, ainsi que les préjugés sexistes, la méconnaissance de leurs droits par la gent féminine, une éducation, une socialisation et une scolarisation différentielles reproductrices d'inégalités.
De tout ce qui précède, il ressort que la multiplication des regroupements féminins -la présence des femmes à la tête de nombreuses associations de la société civile- n'est pas encore synonyme d'une intégration significative des préoccupations du genre dans ces structures.
Face à ce constat amer, l'UNESCO suggère la facilitation de l'intégration des femmes aux postes de responsabilité à travers des stratégies à intensifier, à renforcer ou à mettre en oeuvre sur les plans social, juridique, économique, politique et institutionnel, ayant pour pré requis fonctionnel les acquis existants.