Dakar- Sénégal (PANA) -- L'Union des journalistes de l'Afrique de l'Ouest (UJAO) envisage d'envoyer des missions de collecte d'information, d'écoute et de sensibilisation sur les problèmes de la presse dans les quinze pays membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), a révélé mercredi à Dakar le président de l'organisation sous régionale, Ibrahim Famakan Coulibaly.
"Nous allons faire une tournée générale de sensibilisation, d'écoute et de collecte d'informations sur les problèmes de la presse dans chaque pays de l'espace de la CEDEAO.
Nous voulons recenser tous les problèmes qui entravent le développement de la presse et le travail des journalistes", a-t-il déclaré.
S'exprimant au cours d'un entretien avec la PANA, M.
Coulibaly a indiqué que l'objectif de l'UJAO est d'arriver à harmoniser les législations nationales sur la presse et élaborer un code de conduite commun à tous les journalistes des pays de la sous région.
"Nous voulons harmoniser toutes les législations nationales en matière de presse.
Nous allons travailler avec des avocats, des magistrats et des journalistes pour jeter les bases d'un code de la presse que nous allons établir en partenariat avec la CEDEAO que nous chercherons à imposer aux pays à travers le parlement communautaire", a-t-il précisé.
"J'ai déjà eu à rencontrer le secrétaire exécutif de la CEDEAO, Mohamed Ibn Chambas, en janvier dernier à Dakar, et je me suis exprimé devant le conseil des ministres de l'organisation pour souligner un certain nombre de nos préoccupations dont l'harmonisation des lois de la presse.
Après Dakar je dois me rendre à Accra, puis à Abuja pour matérialiser les contacts que nous avions eus à Dakar", a-t-il ajouté.
Parlant de la situation de la presse dans la partie occidentale du continent, le président de l'UJAO a souligné que "dans l'ensemble, la presse se porte relativement bien en Afrique de l'Ouest, malgré les difficultés constatées par-ci par-là".
Il a toutefois déploré le développement de la corruption dans le secteur et le manque de professionnalisme de certains journalistes.
"La corruption est en train de gagner du terrain au niveau de la presse.
Cette situation est due en partie aux bas salaires des journalistes.
Nous devons nous battre contre ce fléau et amener les journalistes à être plus professionnels dans leur comportement et dans leur travail", a-t-il déclaré.
Evoquant les entraves à la liberté de la presse au Togo, le président de l'UJAO a déploré la fermeture, début mars, de la radio privée Tropik Fm pour avoir organisé un débat politique jugé offensant pour le président Gnassingbé Eyadéma.
"C'est une erreur monumentale que d'empêcher les débats politiques sur les radios privées.
Un tel acte n'est rien d'autre qu'une manière d'empêcher le peuple de s'exprimer, une confiscation de la liberté de la presse", a déploré Ibrahim Famakan Coulibaly.
"Les gouvernants doivent accepter la critique et éviter de fermer les journaux, les radios et d'emprisonner des journalistes tout simplement parce qu'ils ont fait un travail qui n'est pas du goût du pouvoir.
Ces pratiques sont indignes de nos jours.
Il y a des pays encore en retard dans le domaine démocratique et de la liberté de la presse tels que la Guinée-Bissau, la Guinée et le Togo", a-t-il conclu.
Le président de l'UJAO séjourne actuellement à Dakar où il prend part à un séminaire international sur la "gestion d'un journal en période de crise" qui réunit depuis mardi une cinquantaine de responsables de publications de 20 pays africains.