L'UA veut des poursuites contre les auteurs des violations au Darfour

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) a renouvelé son appel au gouvernement soudanais pour que des mesures concrètes soient prises d'urgence pour traduire en justice les auteurs de violations des droits de l'homme dans la région en proie à des troubles du Darfour.
Dans un communiqué rendu public à l'issue de sa 151-ème réunion à Addis-Abeba ce mardi, le Conseil a exprimé "sa profonde préoccupation face à la poursuite des violences dans cette région, en particulier les attaques contre la population civile, les travailleurs humanitaires et la force de maintien de la paix de l'UNAMID".
Le CPS s'est néanmoins félicité de la disposition du gouvernement soudanais à impliquer les avocats désignés par l'UA et la Ligue arabe dans les poursuites judiciaires envisagées afin de leur donner la crédibilité requise.
"Le Conseil réaffirme sa condamnation de tous les actes de violence au Darfour et de toutes les violations des droits de l'homme et insiste, encore une fois, sur la nécessité de traduire leurs auteurs en justice", indique le communiqué.
Le Conseil a souligné l'engagement sans faille de l'UA dans la lutte contre l'impunité et pour la promotion de la démocratie, le respect de l'Etat de droit et la bonne gouvernance à travers tout le continent, conformément à son acte constitutif.
Par ailleurs, le CPS a réaffirmé la décision des chefs d'Etat de l'UA sur l'abus du principe de la juridiction universelle adoptée lors du sommet ordinaire du 30 juin au 1er juillet à Sharm El Sheikh, en Egypte et a insisté sur la nécessité de l'administration de la justice internationale de manière transparente, conformément aux principes du droit international.
En rappelant la résolution 1828 (2008) du 31 juillet 2008 du Conseil de Sécurité de l'ONU, le CPS a renouvélé sa requête du report du processus initié par le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) pour qu'un mandat d'arrêt soit délivré contre le président soudanais.
Dans le même esprit, le Conseil a souligné que l'application de l'Article 16 du Statut de Rome de la CPI était indispensable pour la consolidation des progrès enregistrés jusqu'ici et a demandé au Conseil de Sécurité de l'ONU d'agir immédiatement en ce sens afin de promouvoir la paix et la justice au Darfour et dans tout le Soudan.
En exprimant son soutien à la décision du Conseil de Sécurité de proroger le mandat de l'UNAMID pour une période supplémentaire de 12 mois, le CPS a déclaré avoir noté avec satisfaction les efforts faits pour accélérer le déploiement de cette force, en vue d'atteindre 80 pour cent de sa taille autorisée d'ici au 31 décembre 2008.
"A cet égard, le Conseil invite la communauté internationale à apporter le soutien nécessaire, particulièrement en ce qui concerne la logistique, pour permettre à l'UNAMID de remplir la mission qui lui a été confiée de manière plus efficace", souligne le communiqué.
Le Conseil a également réaffirmé tout son soutien au Médiateur en chef de l'ONU et de l'UA au Darfour, Djibril Yipéné Bassolé, et a invité toutes les parties soudanaises à coopérer pleinement avec lui afin de faciliter la reprise au plus tôt du dialogue politique et la conclusion d'un accord de paix global.
D'après le Conseil, il ne peut y avoir de solution militaire au conflit au Darfour, par conséquent, toutes les parties soudanaises doivent collaborer étroitement et coopérer pleinement avec l'UA et l'ONU afin de parvenir à un accord de paix global, basé sur l'Accord d'Abuja et qui règle toutes les questions pendantes.

23 septembre 2008 17:53:00




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