L'UA va tenir désormais deux sommets annuels

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- L'Union africaine va désormais tenir, à partir de sa conférence d'Addis-Abeba qui achève ses travaux ce jeudi, deux sessions ordinaires annuelles à raison d'une session par semestre, a appris la PANA de bonne source dans la capitale éthiopienne.
La décision, prise ce jeudi matin par les chefs d'Etat réunis à huis clos, s'appuie sur l'article six de l'Acte constitutif de l'Union adopté en 2000 à Lomé et qui dispose en son alinéa trois, que la conférence, organe suprême de l'Union, se réunit "au moins une fois par an, en session ordinaire".
Ramenée au vécu institutionnel de l'Union, cela veut dire que la traditionnelle session dite "budgétaire" du Conseil exécutif que tenaient jusque-là, entre janvier et février, les ministres des Affaires étrangères, sera désormais couplée avec des sommets africains que le Conseil aura également en charge de préparer.
Mais alors que cette session ministérielle était jusque-là, consacrée, pour l'essentiel, aux questions budgétaires et administratives, il sera désormais question "du suivi plus étroit" des décisions prises à Addis-Abeba, dans le cadre de la mise en oeuvre de la Vision, des Missions et du Programme d'action adoptés par le sommet d'Addis-Abeba, sur proposition de la Commission africaine.
Il sera également question d'une meilleure coordination des efforts actuels de fusion, par étapes, entre les structures du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) et les organes de l'UA d'une part et du pilotage des autres institutions de l'Union, déjà existantes ou à créer, d'autre part.
L'actuel président en exercice de l'UA, le Nigérian Olusegun Obasanjo, a précisé que cette décision ne réduit en rien, cependant, la durée de son mandat, puisqu'il est précisé dans le même article 6 de l'Acte constitutif de l'Union, que "la présidence de la Conférence est assurée pendant un an, par un chef d'Etat ou de gouvernement élu après consultation entre les Etats membres".
La PANA a appris de la même source proche de la conférence que cette décision, pour le moins inattendue puisque n'ayant été évoquée nulle part depuis le début, il y a près de trois semaines, du processus préparatoire du sommet d'Addis-Abeba, s'explique par le fait que les chefs d'Etat ont décidé de s'approprier eux-mêmes, la Vision, la Mission et les Programmes qui leur sont proposés par Alpha Oumar Konaré et qu'ils s'apprêtent à faire enrichir.
Plutôt que de tout laisser aux seules mains de la Commission et d'un président en exercice, pour les voir ensuite, se heurter aux obstacles multiformes qu'imposent bien souvent les souverainetés nationales et d'attendre une lointaine rencontre annuelle pour en débattre en commun, ce rapprochement des rendez-vous aidera, au contraire, à lever au plus vite, ces types d'obstacles.
En considération également de l'engagement des Africains à mettre prioritairement un terme aux conflits qui déchirent le continent, volonté déjà concrétisée par la mise en place d'un Conseil de paix et de sécurité, ces rendez-vous rapprochés, leur permettraient aussi de se retrouver plus souvent et d'augmenter ainsi, les opportunités et chances de prévenir toute dégradation possible du climat de paix et de sécurité sur le continent.
Les observateurs rappellent qu'en comparaison avec le vécu institutionnel de la défunte OUA, il appartenait, par le passé, au Bureau de quinze membres élu en même temps que le président en exercice, de se réunir au moins une fois entre deux sommets pour traiter de telles urgences.
Mais pendant toute sa vie institutionnelle, seul le président Abdou Diouf du Sénégal avait cru devoir convoquer, pour la première fois, pendant son premier mandat de 1985 à la tête de l'OUA, une réunion du bureau de l'Organisation à mi-parcours de son mandat, au siège à Addis-Abeba.
C'était du temps de la forte mobilisation contre l'apartheid de l'Afrique du Sud blanche à laquelle l'Afrique toute entière, ses hommes politiques, intellectuels et ses artistes avaient décidé de porter l'estocade finale.
Depuis lors, l'exemple du président sénégalais avait été suivi sous le mandat du Congolais Denis Sassou Nguesso en 1986 et ensuite, sous celui du Burkinabé Blaise Compaoré en 1998, en pleine campagne de solidarité avec la Libye, alors sous embargo occidental.

08 juillet 2004 12:26:00




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