L'UA publie un rapport inaugural sur les perspectives de croissance économique

Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) – Le potentiel de croissance économique et de développement en Afrique reste faible malgré l'arrivée de partenaires étrangers qui investissent dans des secteurs-clé, comme le développement des infrastructures et des technologies à bas coût, selon un premier rapport publié, lundi, par l'Union africaine.

Intitulé "Dynamiques du développement en Afrique", ce rapport fait un compte-rendu des tendances du développement économique, ainsi que des perspectives de croissance économique, de la création d'emplois pour les jeunes et des raisons pour lesquelles la pauvreté continue à régner dans la plupart des pays du continent.

Le rapport a montré que malgré une forte croissance économique dans la plupart des pays, il y a un manque général d'emplois de qualité et que les inégalités restent grandes. En particulier, le rapport présenté lors d'une réunion de hauts responsables du gouvernement et de ministres a également déploré l'absence de prospérité économique.

"Les facteurs de la croissance économique à long terme doivent être renforcés", a déclaré Mario Pezzini, directeur du Centre pour le développement de l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) basé à Paris, en France. M. Pezzini a déclaré que plutôt qu'un simple rapport, "Dynamiques du développement en Afrique est surtout une plate-forme pour discuter des recommandations politiques requises pour accélérer la croissance économique en Afrique.

"Il est important de définir les stratégies", a déclaré M. Pezzini, en soulignant que la croissance économique restait instable, malgré l'accumulation par les pays africains de capitaux étrangers et leurs nouveaux partenaires commerciaux, notamment la Chine. Le rapport a averti que certains gouvernements n'étaient plus en position de maintenir les niveaux actuels des investissements publics.

Le rapport a également noté que la croissance récente n'a pas été source de bénéfices. En fait, le Produit intérieur brut par habitant, qui a été mesuré par la répartition des richesses nationales parmi la population, est resté en-dessous de la moyenne mondiale.

Alors que les emplois de qualité restent rares, le rapport a averti que si la tendance actuelle persiste, la plupart des emplois précaires en Afrique va rester de 66% jusqu'en 2022, ce qui est bien en-dessous de la cible de l'UA de 41% fixée dans le cadre de l'Agenda 2063. Au moins 282 millions de travailleurs sont estimés avoir un emploi précaire en Afrique.

"Ce rapport va entamer le processus de changement politique", a affirmé M. Pezzini lors d'une conférence de presse, lundi, suite à la présentation du rapport au cours d'une réunion qui a coïncidé également avec le lancement de la stratégie de l'UA pour l'harmonisation des statistiques en Afrique.

Selon le rapport, la dynamique de croissance, l'emploi et les inégalités varient sur le continent. La région de l'Afrique de l'Est a bénéficié d'une croissance économique plus importante grâce à la diversification des économies, qui associent plusieurs secteurs, comme la construction, l'agriculture, les infrastructures, le tourisme et la banque.

Le Professeur Victor Harrison, le commissaire de l'UA pour les Affaires économiques, a indiqué que sur la base du rapport, l'UA promet des propositions politiques pour faire face aux défis régionaux de manière plus spécifique.

"L'avantage de ce rapport est que nous pouvons désormais proposer des solutions. Nous savons pertinemment que les économies de la région d'Afrique centrale sont basées sur les matières premières dont les prix fluctuent", a déclaré le Professeur Harison, qui a participé aux discussions ministérielles au siège de l'UA.

Le Directeur de l'UA pour les Affaires économiques, René N'Guettia Kouassi, a déclaré que c'est le premier rapport du genre publié par l'UA après une enquête menée par la Commission avec la participation de plusieurs universités africaines dont l'Université de Makerere en Ouganda, une université tanzanienne, l'Université de Nairobi, l'Université de Dakar, une université camerounaise et une université ivoirienne.

"Nous avons désormais les moyens techniques de mettre en place des politiques claires basées sur nos propres recherches", a déclaré le responsable de l'UA à la presse.
-0- PANA AO/MA/FJG/IS/IBA 11juil2018

11 يوليو 2018 15:39:13




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