L'UA interpellée sur les violations des droits de l'homme au Zimbabwe

Charm El Cheikh- Egypte (PANA) -- Des militants de la Société civile africaine ont interpellé l'Union africaine (UA) sur les violations des droits humains et la torture de militants de l'opposition au Zimbabwe.
La coordonnatrice du Centre pour la participation des citoyens à l'UA, Yemisrach Kebede, a déclaré que les réseaux des droits de l'homme du continent ont décidé à l'unanimité au cours d'une réunion de demander l'ouverture d'une enquête sur les présumées violations massives des droits humains au Zimbabwe.
"L'Union africaine doit condamner publiquement et appeler à la cessation des violations et abus perpétrés au Zimbabwe et à la restauration des droits politiques et civiques fondamentaux", a-t- elle dit à l'ouverture des discussions sur la crise zimbabwéenne à la réunion des ministres africains des Affaires étrangères.
A la 13e session du Conseil exécutif, l'organisation continentale a choisi d'attendre la fin du deuxième tour de la présidentielle au Zimbabwe avec comme seul candidat Robert Mugabe pour se prononcer.
"Les ministres africains ont été conciliants dans leurs discussions sur la crise au Zimbabwe.
Nous savons que le pays est profondément divisé et qu'une partie ne peut diriger sans l'autre", a déclaré à la PANA un ministre qui a pris part à la session à huis clos.
Le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, qui a présidé la première réunion complète du Conseil exécutif en prélude de la 11éme session des chefs d'Etat, a déclaré que la situation au Zimbabwe nécessite une solution urgente que les dirigeants africains apporteront bientôt.
"Il n'y a pas de réunion africaine qui peut être complète sans discuter de la crise au Zimbabwe", a déclaré Jean Ping au cours d'une conférence de presse vendredi, peu après avoir tenu une série de réunions avec les ministres africains, y compris le ministre des Affaires étrangères du Zimbabwe.
Les défenseurs des droits humains ont noté que le projet de partage du pouvoir au Zimbabwe tourne en dérision la démocratie en Afrique et pourrait être imité par certains pays africains pour changer de régime.
"La formule du partage du pouvoir est un mauvais modèle pour l'Afrique, pourquoi investir beaucoup d'argent dans une élection dont on connaît le vainqueur à l'avance et pourquoi créer une atmosphère de violence et rendre un pays ingouvernable?", s'est interrogé Alioune Tine, le secrétaire général de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (RADDHO).
"Si nous continuons comme ça, cela risque de se reproduire dans les autres pays africains.
Le partage du pouvoir n'est pas un système démocratique", a ajouté M.
Tine.
Selon les organisations des droits de l'homme, le Zimbabwe doit immédiatement inviter le rapporteur spécial de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples à ouvrir une enquête sur les présumées violations des droits de l'homme dans le pays.
Les responsables de l'opposition au Zimbabwe ont affirmé que la campagne de terreur et d'intimidation du gouvernement a fait plus de 90 morts.
Les défenseurs des droits de l'homme invitent le gouvernement à permettre immédiatement à la dizaine d'organisations humanitaires d'avoir accès au pays et de laisser la société civile faire son travail sans interruption.
Ils ont également lancé un appel en faveur du financement des opérations humanitaires dans le pays.
"Nous sommes profondément préoccupés par la suspension des travaux de la société civile en dépit du besoin d'aide humanitaire de quatre millions de Zimbabwéens.
", ont-ils déclaré.

28 juin 2008 13:14:00




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