L’UA envisage de dessaisir le Sénégal du dossier Hissène Habré

Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) - Les chefs d’Etat et de gouvernement africains ont décidé lundi, à l’issue du 16ème sommet de l’Union africaine (UA), de demander au Sénégal d’extrader l’ancien chef de l’Etat tchadien, Hissène Habré, vers N’Djamena, si les autorités sénégalaises ne créent pas dans un délai de 4 mois une chambre judiciaire spéciale pour juger ce dernier.

Dans une résolution intitulée "décision sur l’affaire Hissène Habré", l’UA affirme que l’ancien chef de l’Etat tchadien  (1982-1990) sera jugé après son extradition par des Chambres africaines extraordinaires dont la majorité des juges sera nommée par  l’Union africaine.

"Il sera alors demandé au Tchad d’annuler l’application de tout verdict et sentence déjà rendus contre Hissène Habré", précisent les chefs d’Etat et de gouvernement, assurant que tout sera fait pour obtenir du gouvernement tchadien les garanties vérifiables d’un procès juste et de la sécurité de l’ancien chef de l’Etat tchadien.

La résolution précise par ailleurs que l’UA va contribuer pour un million de dollars américains à l’organisation du procès de Hissène Habré devant des Chambres africaines créées au Sénégal ou au Tchad.

La Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO) a exhorté récemment le gouvernement du Sénégal à tout mettre en œuvre pour juger Hissène Habré devant les juridictions sénégalaises.

Pour la RADDHO, l’ancien chef de l’Etat tchadien a tissé en plus de 20 ans d’exil politique au Sénégal des "liens personnels" qui font qu’il ne peut être mieux jugé ailleurs que dans son pays d’accueil.

Estimant n’avoir pas obtenu les ressources financières nécessaires à l’organisation du jugement de Hissène Habré, le président sénégalais, Abdoulaye Wade, a menacé à plusieurs reprises de l’extrader vers la Belgique ou le Tchad.

-0- PANA SEI/TBM/SOC  31janvier2011

31 janvier 2011 19:29:10




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