L’Otm brosse un tableau peu reluisant des médias au Togo

Lomé,Togo (PANA) - L’Observatoire togolais des médias (Otm), instance d’autorégulation des médias, a brossé un tableau peu reluisant de la presse togolaise à l’occasion de la célébration mercredi, de la Journée internationale de la liberté de presse au Togo, a constaté la PANA.

Repoussée au 6 mai au lieu du 3 mai pour cause d’élection présidentielle, elle a été l’occasion  pour l’Otm, instance d’autorégulation des médias et tribunal des pairs, de présenter l’état de la presse au Togo en 2014.

Selon l’Otm, malgré son dynamisme, la presse au Togo, caractérisée par une flopée de titres, de chaînes de radios privées et de télévisions et un environnement juridique favorable, traverse d’énormes difficultés et fait face à des handicaps qui entravent son émergence.

Au nombre des handicaps, l’instance d’autorégulation liste, entre autres, l’insuffisance dans le management d’une entreprise de presse, les difficultés d’accès aux sources d’information, la discrimination des organes de presse par des acteurs étatiques et non-étatiques, la  faiblesse de la rémunération, l’insuffisance de qualification des ressources humaines, la vétusté des infrastructures et du matériel de travail,  la « violation récurrente » de la règle de confraternité, la  pluralité des organisations de presse qui se « combattent plutôt que de se compléter ».

A ces handicaps, l’Otm ajoute la politisation excessive de la presse, l’absence de messagerie, la mévente et la rareté des ressources publicitaires, l’absence de convention collective.

Pour ce bilan peu reluisant, après 25 ans d’existence, l’Otm estime qu’au Togo « le système médiatique ne pourra sortir des sentiers battus et relever le défi de la professionnalisation, que par une véritable rupture avec l’amateurisme et par la transformation des structures de production en véritables entreprises de presse ».

Un vœu que cette instance d’autorégulation a exprimé, recommandant aux autorités étatiques la mise en application des résolutions et recommandations issues des états généraux de la presse de juin-juillet 2014, l’accélération de la mise en place de la convention collective, d’une centrale d’achat de papier, d’une messagerie.

Un souhait partagé par Germaine Kouméalo Anaté, ministre de la Communication qui a appelé les journalistes à une « indépendance réelle » et à plus de professionnalisme et par le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), Biossey KokouTozoun, qui prône la nécessité d’avoir au Togo un « journalisme de qualité ».

En rappel, on dénombre au Togo, 80 titres de journaux, 75 radios privées (ndlr: une  vingtaine à Lomé) dont deux étatiques, quatre radios rurales,  11 chaînes de télévision dont 1 seule étatique, ainsi que des médias en ligne.
-0-PANA     FAA/BEH/IBA  07 mai 2015

07 mai 2015 14:28:44




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