L’OIF invitée à s’engager pour l’enseignement dans les langues maternelles

Cotonou, Bénin (PANA) - Le Parti communiste du Bénin (PCB) invite l’Organisation internationale de la francophonie(OIF) à s’engager pour l’enseignement dans les langues maternelles, à travers une lettre ouverte à la Secrétaire générale de l’institution, Mme Michaelle Jean, en visite de travail au Bénin.

Ce parti accuse l’OIF d’organiser au Bénin "le sabotage" des recommandations internationales des droits de l’homme en matière d'instruction des enfants en langues maternelles et souligne "l’urgence de mettre fin à l’illégalité internationale au Bénin", de décider d'instruire les enfants dans les langues maternelles et de faire des langues nationales, des langues d’administration et de justice, selon la lettre dont la PANA a obtenu copie ce vendredi.

Pour les communistes béninois, "c’est la seule manière de rénover la francophonie et de faire d’elle non une francophonie coloniale, mais une francophonie des peuples égaux unis par le hasard de l’histoire, telle que la position du Vietnam par exemple dans cette institution aujourd’hui l’enseigne".

Selon ces derniers, Il n’est pas "normal qu’un peuple pour accéder à la science soit contraint de passer par le canal d’une langue étrangère et aucun peuple dans le monde ne s’est développé en utilisant la langue d’autrui".

"Si les Serbes, Croates, Anglais, Français, Slovènes, Chinois, Coréens, Lituaniens reçoivent l’instruction dans leurs langues maternelles, pourquoi l’Afrique serait le seul continent où les peuples doivent, pour s’instruire, utiliser les langues étrangères ?", s’insurge le PCB, indiquant que "la pensée profonde d’un individu ne s’exprime que dans sa langue".

Ce parti attire l’attention sur le "massacre que constitue pour le cerveau de nos jeunes enfants, l’obligation de converser dès la sortie de la maison, en une langue étrangère" et  "la violence et la déformation que cela constitue sur ces jeunes cerveaux pour le reste de leur existence".

Pourtant, note le PCB, l’Organisation des Nations unies, et notamment l’UNESCO, le Conseil des Droits de l’Homme ont, à maintes reprises, affirmé la nécessité de l’accès de tous à l’instruction dans leurs langues maternelles.

De même, rappellent les communistes béninois, des instruments internationaux tels "La Déclaration de principe", "le Plan d’Action" ont été adoptés à Genève en 2003 ainsi que
"l’Engagement" et "l’Agenda" de Tunis de novembre 2005 en sont des illustrations incontestables.

Arrivée mercredi soir à Cotonou pour une visite officielle de travail, Mme Michaelle Jean a rencontré le président béninois, Patrice Talon,  et a signé avec le Bénin l’accord dénommé "Libres ensemble", une initiative construite avec les jeunes de tout l’espace francophone pour réaffirmer sans cesse leur apport dans l’action et le dialogue.

Mme Michaelle Jean s’est aussi rendue à l’Assemblée nationale où elle a invité les députés à mettre les technologies de l’information et de la communication au cœur de leurs actions.
-0- PANA IT/JSG/SOC 15déc2017

15 ديسمبر 2017 09:04:39




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