L'ONUB "laisse du temps au temps" pour partir du Burundi

Bujumbura- Burundi (PANA) -- L'Opération des Nations-unies au Burundi (ONUB), qui en est aujourd'hui à moins de deux mois de la première année d'un mandat initial d'un semestre "renouvelable en cas de besoin", ne semble pas encore sur le point de quitter le pays.
Son haut commandement militaire préfère "laisser du temps au temps" pour savoir à quand exactement la fin d'une mission de maintien de la paix "dans un pays à la température politique aussi changeante que la météo".
Le commandant en chef des forces de l'ONUB, le général sud- africain Derrick Ngwebi, a exprimé cette appréhension jeudi dans la capitale burundaise au cours de la conférence de presse hebdomadaire de l'institution.
Ses quelque 5.
400 hommes de 52 nationalités coulent en apparence des jours heureux dans un pays au volcan dormant à cause des blessures d'une guerre civile de plus d'une décennie qui tardent à se cicatriser complètement.
A la différence de la MONUC, qui poursuit une mission d'observation onusienne semblable en RD Congo voisine et qui a déjà perdu des Casques bleus dans la pacification du pays, l'ONUB n'a pas encore été endeuillée par des actes hostiles au Burundi.
Cependant, la vigilance reste de mise à l'ONUB, car la température politique du Burundi reste imprévisible, a souligné en substance le général Ngwebi, ajoutant que pour l'instant les différents accords de cessez-le-feu conclus entre les belligérants burundais d'hier tiennent bon.
Les programmes de Désarment, démobilisation et réintégration (DDR) des ex-combattants rebelles et gouvernementaux avancent correctement et pourraient même s'achever en 2005 au lieu de 2009, a encore affirmé l'officier supérieur sud-africain.
Il a en outre rappelé que le Front national de libération (FNL), le dernier mouvement rebelle encore actif sur le terrain des combats, offre aujourd'hui de cesser immédiatement les hostilités et d'aller sans délai à la table des négociations pour faire une paix durable avec le gouvernement de Bujumbura.
"Mais pour aller encore davantage vers l'avant dans le processus de paix globale au Burundi, le pays reste tributaire du comportement et de la bonne foi des acteurs politiques locaux", a estimé le général Ngwebi.
On rappelle que parmi les principales mesures de l'ONUB figure la création des conditions de sécurité nécessaires à la tenue d'élections libres, transparentes et paisibles pour sortir d'une transition politique qui se prolonge indéfiniment depuis quatre ans.
Ces élections, de la base au sommet, n'ont cependant pas encore de calendrier précis alors que l'actuelle transition, sous la direction du président Domitien Ndayizeye, s'achève en principe ce vendredi et dans une hostilité généralisée de la voir aller au-delà d'un troisième mandat à la tête de l'Etat.

22 avril 2005 09:20:00




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