L'ONU préoccupée par la discrimination raciale en Mauritanie

Paris- France (PANA) -- Le Comité des Nations unies pour l'élimination de la discrimination raciale a exprimé sa préoccupation sur les inégalités raciales en Mauritanie, déplorant le faible taux de représentativité des Négro-africains dans l'armée, la police, l'administration et le gouvernement.
Dans le rapport publié à l'issue de sa 65-ème session tenue à Genève, la structure onusienne regrette qu'aucun cas de discrimination raciale n'ait été traité par les tribunaux mauritaniens et souligne que "le fait que des victimes de discrimination raciale ne saisissent pas les tribunaux n'est pas nécessairement un élément positif".
Il exprime également ses inquiétudes sur la persistance du système de castes et "les pratiques esclavagistes favorisées par l'absence des décrets d'application de la loi du 9 novembre 1981 contre l'esclavage".
"L'Etat devrait s'assurer que les auteurs de telles pratiques, déjà interdites par la loi, seront systématiquement poursuivis devant les tribunaux, y compris dans les cas où ils s'approprient les biens de leurs anciens esclaves décédés", indique le rapport.
Selon le Comité, il y a lieu de s'inquiéter du sort de plusieurs milliers de "réfugiés mauritaniens noirs" au Mali et au Sénégal qui ne peuvent pas rentrer dans leur pays où ils ne sont plus sûrs de retrouver leurs biens et leur emploi.
"Une étude détaillée sur la situation des réfugiés mauritaniens toujours en exil et ceux qui sont rentrés devrait être fournie dans le prochain rapport périodique", indique le rapport.
Le Comité souligne que le code de la nationalité mauritanien ne semble pas être en pleine conformité avec l'article 5 de la Convention sur l'élimination de la disparition raciale, notamment en ce qu'il prévoit des règles d'accès à la nationalité selon que les enfants sont nés de père ou de mère mauritaniens.
Estimant que la situation des libertés publiques n'est pas, en général, satisfaisante en Mauritanie, le Comité des Nations unies invite le pouvoir mauritanien à accomplir, d'ici au 12 janvier 2008, des progrès dans la lutte contre la discrimination raciale et l'esclavage, à promouvoir les langues nationales et à assurer la formation des magistrats et des avocats.

20 août 2004 19:23:00




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