L'ONU plaide pour un "pas de géant" du financement de la prévention des conflits

New York, Etats-Unis (PANA) - La consolidation et la pérennisation d'une paix durable nécessitent une stratégie des Nations unies plus cohérente, ainsi qu'un "pas de géant" dans le financement des activités pour prévenir l'éclatement, l'escalade, la poursuite et la récurrence des conflits", a déclaré mercredi le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres.

"Il s'agit avant tout de renforcer notre cohésion stratégique, afin de soutenir les efforts des gouvernements nationaux et de leurs peuples […] et renforcer le soutien à une approche inclusive, en particulier pour ceux qui sont fréquemment marginalisés et exclus", a indiqué M. Guterres au Conseil de Sécurité, en lui présentant son rapport sur la Consolidation et la pérennisation de la paix.

Ce compte-rendu au Conseil a coïncidé avec la réunion de deux jours de l'Assemblée générale des Nations unies sur le même sujet.

Au cours de l'Assemblée, les dirigeants du monde ont reconnu que les efforts de maintien de la paix n'étaient pas seulement nécessaires une fois que les conflits ont éclaté, mais aussi bien avant, par des mesures de prévention comme le dialogue et la médiation et en s'attaquant à  leurs causes profondes.

En avril 2016, l'Assemblée générale et le Conseil de Sécurité ont adopté simultanément les "résolutions sur le maintien de la paix", qui, selon M. Guterres, envoyaient un message commun et clair: à savoir que si les Etats membres sont principalement responsables de la consolidation et de la pérennisation de la paix, "nous pouvons tous faire plus pour consolider les bases de la stabilité, du bien-être et de la cohésion".

Le Secrétaire général a estimé mercredi devant le Conseil que "la consolidation et la pérennisation de la paix nécessitent de s'attaquer aux causes profondes des conflits, qui sont souvent la pauvreté, l'exclusion, l'inégalité, la discrimination et les violations graves des droits humains", en ajoutant que le coût financier et humain de la réponse aux crises était intenable.

"La prévention est le fondement de la consolidation et de la pérennisation de la paix", a ajouté le patron de l'ONU, en soulignant qu'un développement durable et inclusif - profondément ancré dans le respect de tous les droits humains - était le meilleur outil de prévention au monde des conflits violents et de l'instabilité.

"Le Programme de développement durable à l'horizon de 2030 est notre modèle commun pour aborder ces causes profondes et créer des sociétés plus pacifiques, stables et résilientes, fondées sur une Mondialisation juste", a-t-il indiqué.

En préconisant un investissement plus judicieux dans les missions de maintien de la paix des Nations unies, il a souligné que son rapport proposait également plusieurs options pour accroître, restructurer et mieux hiérarchiser les priorités des financements destinés aux activités de maintien de la paix.

Le Secrétaire général a ensuite renouvelé son appel en faveur d’un "pas de géant" dans le soutien apporté par les États membres au Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix, en concluant - suite à l'adoption imminente par l'Assemblée générale d'une résolution indiquant la voie commune à suivre - "que le moment est venu de passer à l'action".

S’exprimant en tant que président de la Commission de consolidation de la paix (CCP), le Roumain Dan Neculaescu, s'est penché sur le rôle de cet organe dans le renforcement de la cohérence au niveau inter-gouvernemental au Sahel, au Liberia et en Gambie, qui a permis aux Nations unies de mener des actions "plus utiles, stratégiques et efficaces sur le terrain".

Le commissaire à la Paix et la Sécurité de l'Union africaine (UA), Smail Chergui, a pour sa part mis en avant la mise en œuvre de la Politique de développement et de reconstruction post-conflit de l'UA, qui a une dimension à la fois de prévention et de stabilisation.

Il a également décrit les projets de consolidation de la paix à impact rapide de l'UA et le travail effectué à travers ses divers bureaux de liaison.

En citant les leçons essentielles tirées du travail de l'UA, il a déclaré qu'il était urgent de renforcer la coopération en matière de prévention, qui reste l'outil le plus rentable, mais le moins financé.

Il est également nécessaire d'aller vers des actions davantage tournées vers les populations, en particulier, sur les dividendes de la paix pour les femmes et les filles, a-t-il souligné, en indiquant que "les perspectives locales doivent être intégrées et les communautés marginalisées doivent être autonomisées".
-0- PANA MA/FJG/JSG/IBA 26avr2018

26 avril 2018 09:45:27




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