L'ONU plaide pour des élections non entachées de violations des droits humains en Somalie

Mogadiscio, Somalie (PANA) - Dans un rapport publié lundi, les Nations unies ont exhorté la Somalie à prendre des mesures pour que les futures élections ne soient pas entachées par les violations des droits humains commises pendant le processus électoral 2016-2017.

"L’insécurité, la faiblesse des institutions judiciaires et l’insuffisance du système de protection des droits de l’Homme ont contribué à l’absence de responsabilité pour les violations des droits de l’Homme en Somalie", souligne le rapport, appelant à des mesures rapides pour renforcer la protection des droits humains durant le processus électoral 2020-2021.

Le rapport de la Mission d’assistance des Nations unies en Somalie (UNSOM) et du Bureau des droits de l’Homme des Nations unies (HCDH) détaille les violations et les abus des forces de sécurité de l’État, notamment la Police, pendant et après les élections législatives et présidentielle tenues fin 2016 et début 2017.

Selon un communiqué de l’ONU, le rapport documente le meurtre de 44 chefs de clans et de délégués électoraux au cours de cette période et seulement deux de ces meurtres ont fait l’objet d’enquêtes et de poursuites.

Le rapport conjoint appelle à "des enquêtes rapides, indépendantes et impartiales sur les violations des droits de l'Homme et les abus commis dans le cadre du processus électoral".

En outre, il souligne les attaques répétées, les actes d’intimidation et autres formes de harcèlement contre les journalistes, les défenseurs des droits humains et les dirigeants politiques, notant que cette violence "entravait la libre circulation de l’information et minait la capacité des citoyens à bénéficier des processus démocratiques et à y contribuer" de manière éclairée".

"Alors que la Somalie poursuit la tâche ardue de construire des institutions et la paix, le respect des droits humains doit être au cœur de cette entreprise", a déclaré le Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein.

"Cela comprend la garantie de toutes les libertés publiques, telles que le droit à la liberté d’opinion et de réunion et d’association pacifique", a-t-il souligné, ajoutant qu: '"il est essentiel que les droits des victimes à un recours et à réparation soient respectés".

Les conditions de suffrage universel n'étant pas réunies en 2016, un système de suffrage indirect a été utilisé avec 275 collèges électoraux de 51 délégués chacun. Les collèges ont élu les 275 membres de la Chambre du peuple, qui ont ensuite élu le nouveau président, Mohamed Abdullahi Mohamed, le 8 février 2017.

Alors que ce système permettait un Parlement plus diversifié, avec la moitié de ses membres nouvellement élus et une représentation féminine de 24 pc (contre 14 pc en 2012), "il reste encore beaucoup à faire" pour les prochaines élections, a indiqué le rapport.

"Les femmes, les personnes handicapées, les clans minoritaires et les groupes de la Société civile ont eu peu ou pas accès au processus électoral, car il s'agissait d'un processus politique fondé sur la distribution des clans", a déclaré Michael Keating, chef de la MANUSOM. "Dans la perspective des élections prévues pour 2020-2021, nous exhortons le gouvernement à mettre en place un système de représentation qui inclue tous les citoyens, basé sur le principe d'une personne, un vote".

En outre, étant donné qu'en 2016 la liste des candidats comprenait d'anciens seigneurs de guerre et un commandant militaire accusé de crimes de guerre, le rapport recommande que les candidats soient examinés pour leur respect des droits de l'Homme.
-0- PANA MA/JSG/IBA 14août2018

14 august 2018 11:17:13




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