New York, Etats-Unis (PANA) – Des experts indépendants en droits humains des Nations unies ont appelé mercredi le Maroc à consolider et à faire progresser les réalisations du pays en matière de droits des femmes en comblant le déficit de cadre juridique qui a mis les femmes dans une situation désavantageuse, en indiquant que "les travailleurs locaux et étrangers sont exposés au plus grand risque de voir leurs droits violés".
"L'égalité des genres doit rester au cœur du processus complexe des mutations politiques et sociales en cours au Maroc", ont souligné Mme Kamala Chandrakirana et Mme Emna Aouij, membres du groupe de travail des Nations unies sur les questions de discrimination contre les femmes en matière de droit et de pratique, à la fin de leur visite dans ce pays maghrebin.
Dans un communiqué publié au siège de l'ONU à New York, Mme Chandrakirana et Mme Aouij, ont fait remarquer que: "en dépit des nombreuses priorités divergentes auxquelles fait face le gouvernement, la rédaction de l’avant-projet de loi qui permettra d'établir l'autorité de la parité doit commencer dès que possible, avec la participation de tous les acteurs concernés".
Ils ont noté que "malgré les progrès réalisés grâce à l'adoption et à la réforme de plusieurs lois, des dispositions discriminatoires demeurent concernant le mariage, le divorce, la détention et l’héritage".
"Les acteurs ont identifié des lacunes critiques en matière de protection juridique au Maroc, en particulier pour les femmes victimes de violences domestiques, pour les femmes et les filles employées comme domestiques et pour les travailleuses immigrées", ont déclaré les experts.
Ils ont également appelé les autorités à accélérer les délibérations sur les projets de loi concernant ces catégories de personnes.
Ils ont également appelé à la participation des femmes lors de la réalisation des réformes et pour l'intégration d'une perspective d’égalité des genres dans tous les aspects du gouvernement.
"Les femmes pauvres et rurales doivent être partie intégrante des réformes historiques en cours dans le pays. Les programmes nationaux sont essentiels pour intégrer le développement et les droits de l'homme et pour garantir la démocratie participative au niveau local, mais jusque là, les femmes sont défavorisées", ont souligné les experts onusiens.
Mesdames Chandrakirana et Aouij ont en outre exhorté le gouvernement marocain à utiliser tous les moyens à sa disposition, y compris l'éducation et les médias, pour combattre les stéréotypes et les perceptions négatives envers les femmes.
Le groupe présentera ses conclusions et recommandations finales dans un rapport à l’attention du Conseil des droits humains en juin.
-0- PANA AA/VAO/LSA/TBM/SOC 22fév2012