L'ONU convoque les dirigeants ivoiriens le 29 juillet à Accra

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- Les chefs d'Etat africains ayant pris part, mardi à Addis-Abeba, à une réunion de haut niveau sur la Côte d'Ivoire organisée à l'initiative du secrétaire général des Nations unies, M.
Kofi Annan, se retrouveront le 29 juillet à Accra, au Ghana, aux côtés des leaders des principales forces politiques ivoiriennes et de l'ex-rébellion, a-t-on appris de source officielle.
Selon un communiqué de presse qui a sanctionné la rencontre, cette réunion visera à "consolider le consensus sur les questions primordiales auxquelles le processus de paix est confronté".
Avant la réunion de la capitale ghanéenne, les participants ont convenu de mettre en oeuvre un certain nombre de "mesures de confiance" susceptibles, selon eux, de créer un climat propice au succès de la rencontre.
Ces mesures concernent notamment une rencontre entre le chef de l'Etat ivoirien, M.
Laurent Gbagbo et les principales forces politiques du pays "pour faciliter la résolution des questions en suspens", et une intensification du travail législatif, afin que les projets de loi prévus par l'Accord de Linas Marcoussis soient adoptés avant la fin du mois de juillet, avec la possibilité, au besoin, de la convocation, par le président Gbagbo, d'une session parlementaire extraordinaire.
Il s'agira également, indique le communiqué, de réactiver les commissions mixtes entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso d'une part, et le Mali d'autre part, et de la tenue d'une réunion tripartite, entre les chefs d'Etat du Mali, de la Côte d'Ivoire et du Burkina Faso, "en vue de créer les conditions d'un succès du sommet d'Accra".
Evoquant la situation qui prévaut actuellement en Côte d'Ivoire, marquée notamment, selon le communiqué, par "l'impasse qui a entravé l'accomplissement de progrès dans le processus de paix depuis le début du mois de mars 2004, mettant en relief les conséquences éventuelles de cette situation pour l'ensemble de la sous-région", les participants à la réunion de haut niveau sur la Côte d'Ivoire ont dénoncé "la récente multiplication d'actes de violence et d'intimidation à l'endroit des populations civiles ainsi que du personnel des Nations unies et d'autres organismes déployés en Côte d'Ivoire".
A cet égard, ils ont exhorté toutes les parties "à prendre les mesures nécessaires en vue du démantèlement immédiat de tous les groupes paramilitaires et des milices responsables de tels actes", et lancé un appel aux ex-belligérants pour qu'ils s'abstiennent de toute action qui pourrait remettre en cause le cessez-le-feu.
Il leur est, par conséquent, demandé de restaurer la sécurité qui, selon le communiqué, "constitue un préalable au redéploiement de l'administration, à la reprise des activités économiques à travers l'ensemble du pays, ainsi qu'à l'organisation et le déroulement d'élections libres, justes, transparentes et crédibles en octobre 2005".
Affirmant qu'une avancée dans le processus de paix ne pourra être réalisée que "sur la base de l'application intégrale et inconditionnelle de l'Accord de Linas Marcoussis que les parties ivoiriennes ont librement conclu, le 23 janvier 2003", les participants ont vivement interpellé les dirigeants politiques ivoiriens, en leur rappelant fermement qu'ils "ont l'obligation morale d'assurer la mise en oeuvre effective de l'Accord", et la détermination de la communauté internationale "à les tenir individuellement responsables au cas où ils ne rempliraient pas leurs engagements".
Pour l'heure, la réunion de haut niveau sur la Côte d'Ivoire a instamment demandé au président Gbagbo et au Premier ministre Seydou Diarra de prendre "toutes les mesures nécessaires à un fonctionnement effectif du gouvernement de réconciliation nationale", et a invité le gouvernement à entreprendre, "sans tarder", toutes les réformes juridiques en suspens prévues par Marcoussis, afin de les soumettre rapidement pour adoption au Parlement, indique enfin le communiqué.
Outre le secrétaire général de l'ONU, M.
Kofi Annan, organisateur de la rencontre, et les présidents ivoirien, malien et burkinabé, plusieurs chefs d'Etat ont effectivement participé aux discussions.
Il s'agit du Gabonais Omar Bongo Ondimba, du Nigérian Olusegun Obasanjo le nouveau président en exercice de l'Union africaine, du Ghanéen John Kufuor, président en exercice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).
Le Premier ministre togolais, M.
Koffi Sama, et le secrétaire exécutif de la CEDEAO, Mohamed Ibn Chambas, ont également pris part aux travaux.

07 juillet 2004 09:24:00




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