L'Etat maintiendra sa participation dans le service public

Praia- Cap-Vert (PANA) -- Le nouveau gouvernement du Cap- Vert maintiendra la participation de l'Etat dans les entreprises du secteur public tant qu'une telle option ne constituera pas un élément perturbateur de bonne gestion, a déclaré cette semaine le ministre capverdien des Finances et du Plan, M.
Carlos Burgo.
Répondant à une interpellation du groupe parlementaire du Mouvement pour la Démocratie (MPD, opposition), M.
Burgo a invité ses interlocuteurs à ne pas "diaboliser" cette présence.
La présence minoritaire, mais stratégique de l'Etat dans les organes de décision des entreprises sera, selon lui, une garantie de de stabilité et de régulation du service public.
Le gouvernement entend maintenir sa présence comme actionnaire, mais à travers des mécanismes universellement admis, dans les sociétés détentrices de monopoles naturels ou opérant dans des secteurs vitaux pour le fonctionnement de l'économie, a expliqué M.
Burgo.
Le ministre a indiqué que dans les processus visant le choix des partenaires stratégiques pour les entreprises qui restent à privatiser, le gouvernement privilégiera les ressortissants des pays partenaires au développement du Cap-Vert pour permettre la création des "linkages" entre le flux des ressources privées et publiques.
M.
Burgo a précisé que le choix des partenaires "passe aussi par la diversification du partenariat, de façon à donner des signes de traitement égalitaire et équilibré aux différents partenaires internationaux du Cap-Vert".
Il a annoncé que le gouvernement tiendra compte d'autres conditions pour établir de futurs partenariats, notamment la détention des technologies et du savoir-faire appropriés, une assise financière et la crédibilité nécessaire dans le milieu d'évolution de l'entreprise opère, ainsi que la démonstration d'un engagement réél à s'adapter aux intérêts du Cap-Vert.
Le ministre a souligné que le gouvernement actuel (soutenu par le Parti africain de l'indépendance du Cap-Vert, PAICV), au contraire du précédent (constitué par le MPD) "n'ira pas aliéner le patrimoine de l'Etat" dans le seul but de réduire son rôle dans l'économie.
Il procédera à des privatisations lorsqu'il en résultera des bénéfices et des gains pour l'économie et les citoyens", a ajouté M.
Burgo, qui considère en outre qu'il ne suffit pas transférer le titre de la propriété de l'Etat pour que l'économie devienne ipso facto une économie de marché.
"Il faut aussi que la société capverdienne elle-même intériorise et assume une culture de l'économie de marché", a notamment souligné avec force le ministre capverdien des Finances et du Plan.
Le principal parti de l'opposition a demandé cette semaine un débat au Parlement pour obtenir des éclaircissements sur la politique économique du gouvernement issu des élections générales du 14 janvier dernier.
Le MPD se dit inquiet suite aux mesures déjà prises par le gouvernement de M.
José Maria Neves qui, depuis son arrivée au pouvoir le 1er février, a remplacé les représentants de l'Etat dans les conseils d'administration et assemblées générales de quelques entreprises privatisées, mais où le secteur public détient encore une importante participation.
Le PAICV, du temps où il était dans l'opposition, avait accusé le MPD d'avoir "excessivement politisé" l'administration publique, condamnant le fait que des cadres proches du parti au pouvoir occupaient les postes clés dans l'appareil d'Etat et dans les entreprises du secteur public.
Aujourd'hui, c'est au tour du parti qui a géré le Cap-Vert pendant les dix derniers années de faire les mêmes reproches au PAICV, l'ancien parti unique qui gouverna l'archipel pendant les quinze premières années de son indépendance.

27 avril 2001 09:15:00




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